Questions religieuses et laïcité

La laïcité protège la liberté.

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ANGLE POLITIQUE


La laïcité est au cœur du pacte national français. C’est un principe de liberté qui permet, dans l’espace public et la fraternité républicaine, de vivre ensemble dans le respect des uns et des autres. La République doit permettre à chacun de vivre dans l’intensité de ses convictions dès lors qu’elles n’interfèrent ni avec celles d’autrui ni avec les règles communes. Elle garantit à chacun la liberté fondamentale de croire et de pratiquer la religion qu’il s’est choisie, comme la liberté fondamentale de ne pas croire. La laïcité protège aussi la République : elle garantit que la loi est commune à tous les citoyens et indépendante des dogmes.


La place de l’islam, deuxième religion pratiquée dans la France contemporaine n’appelle pas une révision de la loi de 1905, qui a posé les bases de la laïcité à la française. Mais nous devons agir : pour aider les musulmans de France à poursuivre la structuration d’institutions représentatives de leur religion dans le pays. Pour lutter de façon déterminée contre toutes les dérives radicales qui détournent les valeurs de cette religion.


DIAGNOSTIC


         
  • Les Français sont attachés à la laïcité. Elle protège leur liberté.

Pendant la Grande Marche, la laïcité a souvent été citée comme quelque chose qui marche en France. La neutralité de l’État et des services publics permet aux citoyens d’exprimer librement leurs convictions religieuses, mais aussi de ne pas en avoir. Elle garantit aussi une stricte égalité de tous devant les services publics, dans le respect de l’ordre public.

         
  • Les discours sur la laïcité sont conflictuels. Les pratiques sont plus sereines.

L’interdiction du foulard à l’école en 2004 fait aujourd’hui l’objet d’un large consensus. Dans le même temps, 70% des petites villes (2 500 à 25 000 habitants) et sans doute bien plus dans les moyennes et grandes villes proposent déjà des repas alternatifs, et de longue date.

         
  • Les musulmans souhaitent être plus intégrés à la société française et mieux représentés.
Au moins deux-tiers des femmes de culture musulmane ne portent pas le voile, et les musulmans français s’intéressent davantage à la question sociale qu’aux questions identitaires. Moins de 10 % des musulmans français se sentent représentés par le Conseil français du culte musulman.
         
  • Les Français ne sont pas islamophobes, mais l’islam radical fait peur.
Avec les Britanniques et les Allemands, les Français sont le peuple d’Europe où les opinions antimusulmanes sont les moins répandues, et les plus nombreux à penser que les musulmans veulent s’intégrer. Mais les opinions défavorables ont progressé après les attentats.

PROPOSITIONS


         
  • Objectif 1 : Assurer la neutralité de l’État pour garantir à tous la liberté religieuse.
   
« La laïcité assure le vivre-ensemble et le partage des cultures mais aussi la neutralité des institutions. »    
   
– Clément, 18 ans, Haute Loire – La Grande Marche

Aujourd'hui, la confusion règne sur le sens de la laïcité et ses limites. Trop de Français confondent la laïcité et l’interdiction des manifestations religieuses – et certains font de cette confusion leur fonds de commerce.

Demain, nous redonnerons son sens à la laïcité comme source de liberté. La liberté est la règle, et l’interdiction l’exception.

  • Nous organiserons des services publics vraiment neutres, et des actions de formation à la laïcité seront systématiquement proposées aux agents de l’administration.
  • Ils doivent savoir répondre aux comportements qui la remettent en cause. Les manquements à la laïcité, que ce soient les atteintes à la liberté religieuse comme à la neutralité des services publics, seront sanctionnées sans faiblesse et des référents seront, pour les usagers comme pour les agents publics, identifiés dans chaque établissements publics et formés à cette mission.

  • À l’école, l’enseignement de la laïcité à tous les niveaux, de l’élémentaire au lycée, sera consolidé et l’accent sera particulièrement mis sur les approches pratiques.


  • Nous permettrons l’expression raisonnable de la liberté religieuse dans l’espace public.
  • L’interdiction des signes religieux ostensibles à l’école fait l’objet d’un large consensus social ; elle doit donc être maintenue. Elle ne doit pas être étendue à l’Université, où les étudiants sont majeurs et responsables.

  • Les usagers des services publics doivent voir protégée leur liberté d’exprimer leurs convictions religieuses et spirituelles, dans la limite du raisonnable comme des règles de l’ordre public et du bon fonctionnement de ces services.

  • Dans l’espace public (rues, plages), l’expression des convictions religieuses doit bien sûr rester libre à condition de ne pas porter atteinte à l’ordre public.

   
« Ne pas trouver de travail en portant le voile m'inquiète... sachant que sans le porter les portes seraient certainement plus ouvertes. Or avec ou sans voile, je reste la même. »    
   
– Nassima, 25 ans, Seine Saint Denis – La Grande Marche

  • Nous laisserons de la marge de manœuvre aux entreprises pour régler les questions religieuses au travail.
  • L’entreprise n’est pas un service public, elle est régie par le principe de liberté religieuse dans la limite du bon fonctionnement car il ne faut pas confondre l’expression paisible de convictions personnelles et le prosélytisme, agressif ou non, qui n’a pas sa place sur le lieu de travail…

         
  • Objectif 2 : Un islam de France plus structuré pour combattre les discours radicaux.
  • Nous agirons pour aider les musulmans à restructurer l’islam de France.

Aujourd’hui, les musulmans de France sont mal représentés. L’État est beaucoup intervenu dans l’organisation du culte musulman, mais de façon désordonnée et contradictoire. En 2016, le gouvernement a créé la Fondation pour l’islam de France, mais, en raison de la loi de 1905, celle-ci ne prend en charge que des projets sociaux et culturels à l’exclusion des questions proprement cultuelles.

Demain, une nouvelle structure permettra de relancer les principaux chantiers du culte musulman en France : la construction et l’amélioration de lieux de culte dignes là où c’est nécessaire et la formation en France des imams. La liberté de culte, c’est aussi la liberté de le pratiquer dans des conditions dignes.


  • Créer une Fédération nationale de l’islam de France regroupant des associations cultuelles locales créées dans le cadre posé par la loi de 1905.
Ces associations, qui pourront recevoir des dons et legs dans des conditions fiscales avantageuses, permettront de financer la rénovation et la construction de mosquées et la formation d’imams. Il faut encourager l’engagement de nouvelles générations de musulmans, qui sont nés, ont grandi et travaillent en France, dans la gestion du culte musulman.

  • Nous formerons des imams sur le sol français et de façon adaptée aux valeurs de la République.

Aujourd’hui, les formations d’imams en France sont presque inexistantes. Résultat : environ 300 imams exerçant en France sont payés par des gouvernements étrangers (Algérie, Maroc, Turquie). Un certain nombre maîtrisent mal le français.

Demain, la formation des imams sera complétée en France par un diplôme universitaire.


  • Susciter au sein de l’université la création de diplômes universitaires destinés aux ministres du culte.
  • Ces diplômes garantiront la maîtrise du français, la connaissance des valeurs de la République et des droits de la femme, de la société française et des autres cultes et convictions présents en France. Ils permettront, dans le respect de la neutralité de l’Université, de développer l’esprit d’analyse et le regard critique.

  • Les initiatives pour développer des instituts privés de qualité sur le volet purement religieux, et pleinement ancrés dans les valeurs de la République seront encouragées et soutenues car la priorité doit être donnée à une formation en France et en français des ministres du culte.


  • Créer un statut unifié des aumôniers.
Ces personnes auront des contrats avec l’Etat et verront leur rémunération améliorée. L’instance représentative du culte musulman assurera un complément de rémunération pour les aumôniers musulmans.

  • Nous combattrons les dérives de l’islam identitaire et nous préviendrons la radicalisation.

Aujourd’hui, des formes radicales de l’islam prospèrent aussi du fait des difficultés sociales et économiques de certains quartiers. Selon une étude récente (Institut Montaigne, Un Islam Français est possible, septembre 2016), 2/3 des musulmans pensent que la laïcité permet de vivre librement sa religion en France, mais 1/4 considèrent l'islam comme un moyen de s'affirmer en marge de la société française, en s’attaquant en premier lieu à l’égalité entre les femmes et les hommes. Le djihadisme se nourrit d’un climat social, d’une critique des valeurs républicaines communes et de l’absence de culture religieuse : défiance envers les institutions, théories du complot, antisémitisme, victimisation excessive. Sans une adhésion minimale aux vérités les plus évidentes, aucune existence en commun n’est possible.

Demain, l’action résolue de l’État, des acteurs locaux, du secteur associatif permettra de réinvestir ces quartiers, de réaffirmer les principes républicains d’égalité et de liberté, et de lutter contre l’idéologie djihadiste.


  • Nous réaffirmerons la place de la République dans tous les quartiers, dans un partenariat exigeant avec le secteur associatif.
  • Nous conditionnerons les différentes formes de partenariats publics (prêts de locaux, agréments etc.) aux associations dans le secteur social et culturel au respect strict des principes républicains.

  • Le soutien des communes à la construction de mosquées sera conditionné au respect des mêmes principes. Si le fonctionnement de la mosquée ou les prêches méconnaissent ces valeurs, nous permettrons la résiliation du bail.


  • Nous serons intransigeants sur le respect de l’égalité entre les hommes et les femmes et la place des femmes dans l’espace public.

  • Nous combattrons l’idéologie djihadiste :
  • Fermeture des lieux de culte qui promeuvent une propagande djihadiste.
  • Dissolution des associations concernées.
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