Emploi, chômage et sécurités professionnelles

Emploi, chômage et sécurités professionnelles.

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« Les changements économiques et la révolution numérique vont transformer le marché du travail. Cela rend une projection professionnelle incertaine avec le sentiment d'un manque de stabilité dans la future carrière professionnelle. »
– Thomas, Haute-Garonne, apprenti, 26 ans – La Grande Marche

Aujourd’hui, les carrières ne sont plus linéaires et les Français sont de plus en plus nombreux à devoir changer de métier ou à passer par le chômage au cours de leur vie professionnelle. Dans un monde incertain, les travailleurs ne sont pas tous logés à la même enseigne. Ils n’ont pas les mêmes droits au chômage.

Les 2-3 millions de travailleurs indépendants en France n’ont pas l’assurance d’une sécurité face à la perte d’activité, et ne bénéficient pas d’assez de formations de bonne qualité.

Ceux qui ont un emploi stable n’osent souvent pas prendre le risque d’évoluer professionnellement lorsqu’ils ne trouvent pas leur compte dans leur travail.

Demain, nous devons rebâtir de véritables sécurités professionnelles, universelles, simples et efficaces, qui puissent accompagner chacun d'entre nous, quel que soit notre statut. Ces sécurités devront faire plus pour ceux qui ont moins.


PROPOSITIONS


  • Objectif 1 : Créer une assurance-chômage universelle.

Nous ne pouvons pas promettre la « sécurité de l’emploi », dans un monde où les mutations technologiques rendent certains métiers obsolètes et en font émerger d’autres.

Mais il y a deux choses que nous pouvons garantir : que l’on puisse évoluer d’un métier à l’autre, et que l’on soit protégé face à la perte d’emploi. C’est au moment des transitions que nous devons le plus bénéficier des solidarités, pour nous aider à franchir le cap.

  • Nous mettrons en place une assurance-chômage pour tous, parce que dans un monde qui se transforme, le chômage ne peut plus être un risque contre lequel certains se couvrent à titre individuel, et d’autres par des garanties collectives.

Lorsqu’on est successivement salarié et indépendant, ou parfois les deux en même temps, la protection ne peut plus dépendre du statut comme dans le monde d’hier. L’assurance-chômage universelle couvrira tous les actifs – salariés, artisans, commerçants indépendants, entrepreneurs, professions libérales, agriculteurs – et facilitera les transitions d’un statut à un autre.

  • Nous ouvrirons les droits à l'assurance-chômage aux salariés qui démissionnent.

Tous les cinq ans, chacun y aura droit, s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel. Ceci incitera les entreprises à investir pour améliorer la qualité de vie au travail afin de conserver leurs salariés, dont nous renforçons ainsi le pouvoir de négociation.

  • La contrepartie de ces droits nouveaux sera un contrôle accru de la recherche d’emploi, pour lequel les moyens de Pôle Emploi seront renforcés et les sanctions rendues justes et crédibles. À l'arrivée à Pôle Emploi, un bilan de compétence sera réalisé dans les 15 jours. Si plus de deux emplois décents, selon des critères de salaire et de qualification, sont refusés ou que l'intensité de la recherche d'emploi est insuffisante, alors les allocations seront suspendues.
  • Parce que tous seront désormais couverts quel que soit leur statut, l’État prendra en charge le pilotage du système d’assurance-chômage. Il y associera l’ensemble des parties prenantes, et en particulier les partenaires sociaux.

  • Objectif 2 : Créer une formation professionnelle à la hauteur.

Des entreprises, parfois des secteurs entiers, sont voués à disparaître ou à se transformer : ceux qui y sont employés, ne doivent être condamnés ni au chômage, ni à la précarité. Car en même temps, des professions, des opportunités et des emplois nouveaux s’ouvrent sans cesse : nous devons permettre à chacun, quel que soit son parcours, de s’en saisir. Il n’est plus possible de savoir à vingt ans ce que l’on fera à cinquante. Pour que l’on puisse s’émanciper par le travail, nous devons donc proposer une refonte de la formation professionnelle : elle n’est pas à la hauteur des enjeux de notre temps et des attentes de nos citoyens !

Nous rendrons plus transparente et plus efficace la formation professionnelle pour que se former devienne une démarche simple et efficace.

Le système de formation doit être entièrement réformé. A l’heure actuelle, l’accès à la formation est un parcours d’obstacles, et les choix sont souvent limités à des listes de formations qui ne correspondent pas toujours aux aspirations individuelles, ni aux besoins du marché du travail.  On ne connaît pas la qualité ni les débouchés des formations proposées.

  • La majeure partie des contributions actuelles des entreprises pour la formation sera progressivement convertie en droits individuels pour les actifs. Chacun pourra s’adresser directement aux prestataires de formation, selon ses besoins. Le système sera simple.
  • Les droits seront d’autant plus élevés que les besoins de qualification sont importants. Le système sera juste.
  • Chacun disposera d’une information complète sur les résultats concrets de chaque formation, de chaque accompagnement (retour à l’emploi, impact sur la trajectoire salariale…) car tous les organismes seront obligés de se soumettre à une labellisation et d’afficher leurs performances : plus personne ne s’engagera dans une formation sans savoir à quoi elle mène ni quelle est sa qualité. Le système sera transparent.

Aujourd’hui, les droits à la formation des personnes fragiles sont insuffisants, car ils dépendent essentiellement de l’activité salariée. Les jeunes et les chômeurs de longue durée en sont largement exclus. Les droits sont les mêmes pour tous, alors qu’ils devraient être renforcés pour ceux qui en ont le plus besoin, et en premier lieu pour les chômeurs.

Demain, 15 milliards d’euros de notre plan d’investissement seront consacrés à l’acquisition des compétences par ceux qui en ont le plus besoin. C’est un effort sans précédent, à la hauteur de nos besoins.

  • Nous investirons massivement dans l’acquisition des compétences.
  • Nous formerons 1 million de jeunes peu qualifiés éloignés de l’emploi.
  • Nous formerons 1 million de chômeurs de longue durée faiblement qualifiés.
  • Nous poursuivrons la généralisation de la garantie jeunes. Ce parcours d’accompagnement intensif assorti d’une allocation sera proposé à tous les jeunes précaires ni en formation ni en emploi.
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