Dépendance

Le vieillissement a toujours existé. La révolution silencieuse que nous vivons, c’est la longévité.

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Quel est le plus grand progrès accompli par notre pays au cours des 70 dernières années ? Ce n’est pas le TGV ; ce n’est pas la maîtrise du nucléaire ; ce n’est pas non plus l’entrée dans l’âge numérique. Non, le plus grand progrès, c’est l’allongement de la durée de la vie. Concrètement, cela signifie que quatre générations d’une même famille peuvent désormais coexister.

Mais il ne suffit pas d’ajouter des années à la vie. Pour que ce progrès en soit vraiment un, il faut surtout ajouter de la vie aux années. C’est-à-dire qu’il faut permettre aux personnes âgées de vivre pleinement ; il faut leur permettre de continuer à tisser des relations avec les autres ; il faut leur permettre de s’engager quand elles le souhaitent, de circuler quand elles le veulent, d’être entourées par leurs proches ; il ne faut pas que la fin de la vie active soit le début de la vie sans activité.


DIAGNOSTIC


Notre avons la chance de pouvoir vivre plus longtemps. C’est un formidable progrès. Aujourd’hui l’espérance de vie est de 78 ans pour les hommes, 85 ans pour les femmes. D’ici à 2060, nous pourrions gagner 7 ans d’espérance de vie.

Nous sommes confrontés à un vrai défi démographique. Notre population vieillit – en 2060, 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans (contre 1 sur 4 aujourd’hui). Ce vieillissement a plusieurs conséquences très concrètes :

  • Les situations de perte d’autonomie se multiplient. En France, 1,2 million de personnes de plus de 60 ans se trouvent aujourd’hui en situation de dépendance.
  • Les maladies neurodégénératives comme celles d’Alzheimer ou de Parkinson se banalisent. En France par exemple, 850 000 personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée.

Sans les « aidants », nous ne n’y arriverons pas. Au-delà des personnes en situation de perte d’autonomie, on dénombre en France plus de 4 millions de personnes qui aident régulièrement un de leurs aînés. Mais leur situation est aujourd’hui très difficile. Car nous leur demandons l’impossible :

  • Intervenir auprès de leurs proches sans formation ni préparation ;
  • Concilier, sans accompagnement, leur vie professionnelle et leur rôle d’aidant ;
  • Aider presque quotidiennement sans être reconnu par la collectivité. Dans le même temps, les établissements spécialisés apparaissent encore comme une solution trop coûteuse pour les familles. En moyenne, une fois les aides perçues, le reste à charge des résidents est supérieur à 1 400 euros.

PROPOSITIONS


  • Objectif 1 : Permettre aux âgés de mieux vivre et prévenir la dépendance.
« Il ne faut pas chercher à donner des années à la vie, mais rajouter de la vie aux années. »
– La Grande Marche
  • Nous réduirons la pauvreté des personnes âgées. Le minimum vieillesse, pour une personne seule, est aujourd'hui d'environ 800 euros : nous le porterons au-delà de 900 euros.
  • Nous créerons un service sanitaire de 3 mois pour tous les étudiants en santé : dans ce cadre, 40 000 d’entre eux interviendront pour des actions de prévention, et notamment pour des actions de prévention de la dépendance.
  • Nous ferons évoluer la rémunération des médecins en ville afin de mieux valoriser les actions de prévention de la dépendance.

  • Objectif 2 : Aider au maintien à domicile.

Nous l’avons vu avec la Grande Marche, l’une des principales préoccupations des personnes âgées est de vieillir chez elles, dans de bonnes conditions et avec un accompagnement adapté. Nous devons tout faire pour leur permettre que soit respectée cette volonté.

« Ce qui m’inquiète c’est la dépendance physique plus tard de devenir handicapé. La société n’a rien prévu. Il y a beaucoup de mouroirs. »
– Laurence, 57 ans, Nantes – La Grande Marche

Mais la difficulté de trouver un logement aux normes (ou d’adapter le sien) est l’un des freins majeurs pour les familles. Elle les contraint parfois à accepter des situations d’hébergement dans les structures médico-sociales plutôt qu’à privilégier l’amélioration de leur habitat.

  • Nous développerons et soutiendrons les soins à domicile (ménagers, infirmiers).
  • Nous faciliterons le retour à domicile des personnes en situation de perte d’autonomie via différents dispositifs.
  • Nous soutiendrons et développerons les solutions d’hospitalisation à domicile et de maintien à domicile pour éviter les hospitalisations inutiles et favoriser le confort des patients les plus fragiles.
  • Nous relancerons le recensement des logements accessibles et/ou adaptés, réalisé à l’initiative des communes.
  • Nous encouragerons toutes les formes d’habitat inclusif et partagé, et en particulier l’hébergement intergénérationnel.
  • Nous encouragerons les réseaux d’aide à la personne (associations où coopèrent médecins, professions para-médicales, services sociaux) et accélérerons le décloisonnement entre la ville et l’hôpital d’une part, et les secteurs sanitaire et social d’autre part.
« Il faut renforcer la solidarité intergénérationnelle en s'appuyant sur le tissu associatif. »
– Comité Saint Etienne – En Marche

  • Objectif 3 : Accompagner les aidants dans leur engagement.
  • Nous permettrons aux aidants de mieux se former ou d’être accompagnés.

Il pourra être intégré dans le droit à la formation un « chèque bilan santé/social », proposé au début des situations de dépendance, et à période régulière. Un accompagnement psychologique pourrait être proposé. Cette formation sera assurée par les acteurs sur le terrain (associations, professionnels de santé, etc.), sous réserve de certaines conditions comme la signature d’une charte des bonnes pratiques.

  • Nous faciliterons les démarches administratives que réalisent les aidants pour leurs aînés.

Par exemple, lors de l’entrée dans un EHPAD, y compris de façon temporaire, nous leur proposerons systématiquement de devenir « personne de confiance ».

  • Nous permettrons le don de RTT entre collègues pour les aidants dans les entreprises.
  • Nous favoriserons la création d’hébergements temporaires pour « aider les aidants » et nous encouragerons le « baluchonnage », c’est à dire l’intervention d’une tierce personne au sein du domicile des personnes âgées.

  • Objectif 4 : Améliorer la vie quotidienne des personnes en situation de dépendance.

Évaluer les établissements médico-sociaux pour mieux prendre en compte les besoins des personnes dépendantes.

  • Nous instaurerons des enquêtes de satisfaction systématiques dans les établissements médico-sociaux.
Nous mènerons également un audit de ces établissements pour nous assurer qu’ils répondent aux attentes des personnes dépendantes.

Assurer un égal accès aux soins aux personnes en perte d’autonomie.

  • Nous simplifierons et élargirons le droit actuel pour déployer plus facilement des expérimentations et les solutions de santé connectée.
  • Nous encouragerons les solutions de télémédecine dans les EPHAD, les maisons de santé et les centres gériatriques afin d’assurer un suivi médical pertinent aux personnes en situation de perte d’autonomie sur l’ensemble du territoire.

  • Objectif 5 : Soutenir les acteurs qui œuvrent dans le champ du vieillissement.
  • Nous travaillerons à la structuration du secteur de l’aide à domicile et, en lien avec la Banque Publique d’Investissement, au développement de la « Silver Economie ».
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