Emmanuel Macron

Fondateur d’En Marche, ancien ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, et candidat à l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai 2017

Il y a, me concernant, des choses que beaucoup savent déjà.

J’ai fait l’ENA, je suis Inspecteur des Finances, j’ai travaillé dans une banque d’affaires, puis pour François Hollande durant la campagne présidentielle de 2012, et j’ai été à son service durant plus de deux années comme Secrétaire général adjoint de l’Elysée. J'ai été Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, avec passion, jusqu'à la fin du mois d'août 2016.

Voilà pour la biographie officielle.

Mais ma vie, c’est aussi d’autres choses qu’il me semble utile de partager avec vous.

Je suis né à Amiens il y a 39 ans. J’ai été élevé par mes parents, médecins de service public tous les deux, aux côtés de mon frère et de ma sœur. Jusqu’à sa disparition récente, j’ai été extrêmement proche de ma grand-mère. Elle était principale de collège. Si ma réflexion et mon engagement politiques n’avaient qu’une origine, ce serait elle.

J’ai effectué ma scolarité dans ma ville natale. Au lycée, j’ai rencontré celle qui deviendrait mon épouse, Brigitte, et qui enseignait alors le français et le théâtre. Lorsque je regarde en arrière, je peux dire que j’ai eu de la chance. J’ai grandi dans un milieu aisé. Mes années d’enfance et d’adolescence ont été synonymes de rencontres, de lectures, de découvertes. Elles m’ont incité, un peu plus tard, au cours de mes études, à aller vers la philosophie et à assister Paul Ricœur dans son travail. Je ne cesse encore aujourd’hui de le lire et de tenter de nourrir mon action de ses réflexions, de sa philosophie et de ce qu’il m’a appris.

Enfin, il y a ma famille. Mon socle, mon refuge. Nos enfants et beaux-enfants, et nos sept petits-enfants.

Voilà pour une biographie plus intime.

Et ma vie aujourd’hui, c’est d’abord un combat pour des valeurs que j’ai chevillées au corps.

Travail.

La première, c’est le travail. Car oui, je considère que le travail est une valeur. Parce que c’est la première source d’émancipation individuelle et parce que c’est le moyen le plus puissant de se libérer du déterminisme : c’est par le travail que l’on peut devenir celui ou celle que l’on a envie d’être. C’est parce que je crois au travail que je me suis inscrit en classes préparatoires et que j’ai tenu à passer ensuite les concours républicains.

Liberté.

La seconde, c’est la liberté. Pour moi, elle s’appuie sur la volonté de comprendre, de découvrir, d’analyser de manière autonome. L’amour de la liberté, c’est donc ce qui m’a conduit à la philosophie. C’est ce qui m’a poussé à accepter la proposition du Président de la République, lorsqu’il m’a demandé de devenir ministre, alors même que la politique n’est pas le milieu d’où je viens. C’est ce qui me fait dire ce que je pense, quoi qu’il en coûte.

Fidélité.

La fidélité, ensuite. A ce que je suis et à ce que je pense. A ma famille et à mes amis. A mes convictions et à mon pays.

Ouverture.

L’ouverture, enfin : c’est l’unique moyen de progresser tout en restant soi-même. J’ai toujours souhaité voir comment les choses étaient ailleurs. Ailleurs, c’est-à-dire dans le secteur privé, alors que je suis un enfant du service public : c’est la raison pour laquelle j’avais commencé à monter ma propre entreprise avant de devenir ministre. Ailleurs, c’est-à-dire à l’étranger, alors que j’ai grandi et étudié en France et que je me sens viscéralement français : j’ai toujours essayé de voyager, pour le plaisir comme pour le travail, afin de voir comment il était possible de mieux faire chez nous.

Ces valeurs me constituent, mais elles ne m’appartiennent pas. Elles ne sont pas originales. Elles sont chaque jour le moteur quotidien de l’immense majorité d’entre nous.

Mais c’est pour ces valeurs, et pour permettre à chacun de les faire vivre pour soi-même, que je m’engage en politique.