Une ambition européenne récompensée

11 décembre 2017 - Tribune de Marie-Noelle Loewe.

Le 8 décembre 2017, le président de la République française s’est vu attribuer le Prix international Charlemagne. Ce prix prestigieux récompense des personnalités qui se sont engagées pour l’unification européenne. Remis par un comité composé de responsables de la ville d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne, il a été décerné pour la première fois en 1950 et sera formellement décerné au président français, le 10 mai prochain, lors d’une cérémonie officielle, dans la salle de couronnement de l'Hôtel de ville d’Aix-en-Chapelle.

Emmanuel Macron, a ainsi été reconnu pour « sa vision forte d’une nouvelle Europe » et sa volonté « d’une refondation du projet européen ». Il figure désormais aux cotés de lauréats réputés tels que l’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill, l’ancien président de la République française, François Mitterrand et la Chancelière allemande, Angela Merkel.

Depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron a démontré un engagement fort pour l’Europe, et ce, notamment lors de son discours de la Sorbonne, où il a déclaré que l’Europe « c’est notre histoire, notre identité, notre horizon, ce qui nous protège et ce qui nous donne un avenir ». Il a également rappelé, à cette occasion, que « derrière la Communauté du Charbon et de l’Acier, ou le Marché commun, c’est la promesse de paix, de prospérité, de liberté que le projet forgeait ».

La décision du comité Charlemagne est, par conséquent, un signe fort de soutien de la relance de l’Europe envisagée par Emmanuel Macron dans un contexte où les réformes proposées par le Président français en faveur d’une transformation profonde de l’Europe sont loin d’être soutenues par l’ensemble de nos partenaires européens. Plusieurs, en effet, sont opposés à l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses ou encore à d’une défense commune européenne pour 2020. D’autres, comme l’Allemagne, ont exprimé des inquiétudes relatives aux réformes institutionnelles proposées par le président français, notamment celle d’« un budget plus fort au cœur de la zone euro » ou encore celle d’un ministre des finances de la zone euro. Ces réticences ne sont toutefois guère surprenantes, dans la mesure où, depuis la crise financière de 2008, de nombreux gouvernements européens ont pris l’habitude de penser à l’échelle nationale, plutôt qu’européenne. Notons, toutefois, que prenant le contrepied de cette tendance, Martin Schulz, le patron du parti social-démocrate allemand, (lauréat également du prix Charlemagne) a, quant à lui, demandé à son parti de défendre la perspective des « Etats européens unis».

Pour réussir cette transformation, il faudra ainsi gagner le soutien de nos partenaires européens au Conseil des ministres européens mais également celui du Parlement européen. Les élections européennes sont, dès lors, une occasion importante pour notre parti d’expliquer notre vision de l’Europe et construire un projet commun.


Marie-Noelle Loewe

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