Aurore Bergé : “La question identitaire ne doit pas supplanter la question économique et sociale"

16 juin 2020 - Dans une interview à L’Express, la députée et porte-parole LaREM a détaillé sa lecture des manifestations actuelles et a appelé à ne pas mélanger les sujets.

Le modèle français n’est pas le modèle américain

Aurore Bergé a rappelé que le débat qui se déroule aujourd’hui en France est “en grande partie l’importation d’un modèle de pensée américain”. Or, celui ci est clairement à l'opposé du modèle français d’universalisme républicain. Une vision communautariste tend à apporter une réponse identitaire à des questions économiques et sociales. C’est une vision qui n’a rien à voir avec celle portée par Emmanuel Macron depuis 2017. La lutte contre l’assignation à résidence était au coeur de notre campagne et demeure une priorité de notre majorité. Mais “il n’existe pas pire assignation à résidence que la dérive identitaire car elle oblige à considérer les citoyens non plus pour ce qu'ils font mais pour ce qu'ils sont.” La députée y voit le signe de l’ "archipelisation", un processus qui crée des fractures et des îlots dans la société française, sur lequel alerte le politologue Jérôme Fourquet.

Racisme et questions autour du maintien de l'ordre ne sont pas à mélanger

Aurore Bergé souligne qu’il s’agit de deux débats différents : “Il existe des questions légitimes sur l’exercice du maintien de l’ordre ou sur l’utilisation de la force” a-t-elle déclaré, mais “lier [ces questions] au problème du racisme, c’est accréditer l’idée selon laquelle il y aurait un racisme d’Etat dont la police serait le bras armé”. Dénoncer et sanctionner des violences de la part de certains policiers ? Oui. Stigmatiser les forces de l’ordre ? Non. “Les forces de l’ordre doivent être soutenues pour ce qu’elles font au quotidien” a déclaré la députée.

Effacer le passé ne permet pas de mieux aborder le présent

La députée a fait part de son inquiétude quant à la tentation qu’ont certains de vouloir effacer le passé, avant d’ajouter : “c’est la société toute entière qui devrait se révolter quand une forme de révisionnisme s’opère”. Juger le passé avec les lunettes du présent ne permet pas de le regarder en face. Ce révisionnisme peut entraîner l'auto-censure de celles et ceux qui créent et inventent : “songer que certains sujets ne seraient plus être abordés demain parce qu'ils pourraient être offensants pour certaines communautés, comme c'est déjà le cas aux Etats-Unis, est-ce la liberté de création à laquelle nous aspirons dans notre pays ?” a conclu Aurore Bergé qui s'est indignée contre la déprogrammation du film "Autant en emporte le vent".

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