Communiqué - Reconstruire Ensemble : LaREM propose un New Deal européen pour la mondialisation

15 juin 2020 - Les groupes de travail en charge des thèmes « mondialisation : de la dépendance à la souveraineté » et « construire une Europe à la hauteur des enjeux » ont présenté des pistes de réflexion lors du Bureau exécutif du 15 juin.

La crise a agi comme un révélateur de l’interdépendance des économies mondiales et, par conséquent, de la perte de la souveraineté de la France et de l’Europe dans un certain nombre de domaines stratégiques, au premier rang desquels le secteur sanitaire. Dans le même temps, l’insuffisante coordination entre les membres de l’Union européenne pour faire face à la crise a donné le sentiment d’une réaction désordonnée et favorisé le retour en force de l’Étatnation, menaçant de faire ressurgir les divisions et les doutes au sein de la population européenne quant au rôle et à l’utilité de l’Union. Cette crise présente alors une double opportunité de renforcer la coopération entre les pays membres de l’UE afin qu’elle réponde toujours mieux au besoin de protection de ses citoyens mais aussi de repenser l’autonomie et la souveraineté de la France et de l’Europe.

Cette souveraineté doit permettre à l’Europe de reprendre en main son destin, de se protéger et de diffuser les valeurs et le modèle de croissance, de développement et de société qu’elle défend. Elle doit être le vecteur d’un nouveau modèle que l’Europe propose pour la mondialisation, alliant ouverture, solidarité et protection de l’environnement. Pour établir ce New deal européen pour la mondialisation, les membres des groupes de travail, respectivement coordonnés par David Vaillant et Pieyre-Alexandre Anglade, invitent ainsi les cadres et adhérents de La République En Marche à réfléchir autour des questions suivantes :

Comment garantir une mondialisation respectueuse des priorités et des valeurs de la France et de l’Europe ?

Parmi les pistes :

  • Envisager la création d’un champion européen de la production d'ingrédients pharmaceutiques actifs ;
  • Envisager des incitations fiscales pour les entreprises qui décident de relocaliser leurs sites de production de médicaments ;
  • Exiger la réciprocité en matière de marchés publics ;
  • Redéfinir la politique commerciale européenne (créer une préférence européenne voire locale dans les marchés publics ;
  • Négocier des accords commerciaux de 4ème génération avec des chapitres développements durables contraignants, l’accord de Paris comme clause essentielle, des contrôles accrus de l’application de standards agro-alimentaires, l’exclusion automatique de certaines filières agricoles, des engagements en matière de santé …)
  • Renforcer le mécanisme de contrôle des investissements aux niveaux national et européen pour les investisseurs non européens dans les secteurs stratégiques (notamment santé, médicaments, biotechnologies...) ;
  • Réviser les règles de concurrence afin de favoriser l’émergence de champions européens et de réguler davantage les opérateurs systémiques américains et chinois.

Quelle autonomie stratégique nationale et européenne souhaitons-nous ?

La crise a mis en exergue qu’il était impératif que l’Europe et la France réaffirment ou retrouvent leur autonomie stratégique dans quelques secteurs essentiels, parmi lesquels la santé, la science et les technologies ou encore l’industrie. Parmi les pistes :

  • Créer un statut européen pour certains médicaments ou composants critiques, comprenant des mesures d’incitation au maintien de leur production et commercialisation en Europe ;
  • Créer un mécanisme européen de réaction en matière sanitaire, pérennisé sous la forme d’une « Force européenne de santé » ;
  • Créer une Agence européenne pour l’innovation de rupture sur le modèle de la DARPA américaine ;
  • Déployer une politique de développement industriel régionalisée, et un plan de soutien massif à l’industrie Made in Europe 2024…

Quelle Europe et quel multilatéralisme pour demain ?

Il s’agit ici de réfléchir à la manière de refonder les institutions européennes et internationales, mises à mal par les crises multiples, afin de lutter contre la défiance qu’elles peuvent susciter et de leur redonner toute leur efficacité. Parmi les pistes :

  • Mettre en œuvre sans délai la Conférence sur l’avenir de l’Europe portée par Renaissance pour proposer un contrat de refondation. La Conférence réfléchira, par exemple, à l’opportunité de bâtir une Europe des cercles en constituant un noyau dur d’États qui souhaitent une intégration beaucoup plus forte en matière économique, monétaire, fiscale, et sociale.
  • Développer une position européenne commune et claire sur l’avenir du multilatéralisme, axée sur la sécurité humaine, la défense des biens communs et la préservation de l'environnement…

« Si la crise a mis en lumière le besoin de retrouver notre souveraineté dans certains domaines, la tentation d’y répondre par le repli nationaliste est une impasse. Comme l’a montré l’initiative lancée par le président de la République et la chancelière allemande, la réponse à la crise ne peut passer que par plus d’Europe. Pour que la France soit autonome, l’Europe doit retrouver la souveraineté stratégique initialement visée par les Pères fondateurs » a déclaré Stanislas Guerini, Délégué général de LaREM.

Les adhérents de LaREM ont été consultés sur ces thèmes ces derniers jours.

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