Communiqué - Reconstruire ensemble : LaREM s'engage pour penser l'action publique du XXIème siècle

18 mai 2020 - Les groupes de travail en charge des thèmes « l’action publique après la crise », « dialogues sur l’éducation » et « agir pour la culture, notre bien commun » ont présenté leurs premières pistes de réflexion lors du Bureau exécutif du 18 mai.

La crise montre un paradoxe quant aux attentes à l’égard de la puissance publique. Il est apparu clairement qu’elle devait donner la priorité à certaines missions, la santé bien sûr, mais aussi tout ce qui fait notre avenir en commun comme la culture ou l’éducation notamment. Il est clair également que le pays a tenu grâce à l’engagement sans faille de nos soignants et de nos enseignants, et grâce à des dispositifs publics exceptionnels comme le chômage partiel. Pourtant, la défiance s’est installée. Le manque de lisibilité de notre action publique, du fait de notre organisation trop complexe et trop centralisée, n’y est pas étrangère. Les Français ont besoin de services publics mais aussi d’efficacité.

Pour être à la hauteur de la reconstruction et changer de modèle, nous devons donc adopter une approche plus en rupture. C’est tout l’objet du groupe de travail piloté par Thomas Cazenave dans le cadre du dispositif de LaREM "Reconstruire Ensemble" pour penser l'après : comment concilier besoin de service public, préservation de nos biens communs, efficacité et simplicité de l’action publique, tout en assurant leur présence sur les territoires, un pilotage stratégique de l’État sur les grands chantiers de demain, et une meilleure évaluation de nos politiques publiques comme gage à l’égard de nos concitoyens ?

Cinq questions centrales sont ainsi posées aux adhérents et aux cadres de LaREM, qui seront consultés sur ces sujets dès mardi via des ateliers organisés par les comités locaux et une consultation en ligne :

  • Comment faire revenir l’État et les agents dans les territoires et sur le terrain ? Le groupe de travail propose d’acter que les moyens de l’action publique doivent être situés dans les territoires, hormis certaines fonctions de stratégie et de pilotage. Parmi les pistes : sur les 500 000 agents publics présents en Ile-de-France (dont près de 200 000 à Paris) délocaliser au moins 200 000 postes dans les territoires ; implanter les sièges de certains services nationaux ou opérateurs en régions.

  • Comment simplifier et clarifier les compétences entre État et collectivités ? Il est urgent de simplifier et de renforcer la lisibilité de l’action publique en allant, dans certains secteurs, au bout de la décentralisation engagée depuis plusieurs décennies. Parmi les pistes : confier aux communes et intercommunalités toutes les compétences en matière de logement et d’hébergement ; mettre fin à la très grande dispersion des moyens et des compétences dans le champ des solidarités en les recentrant sur l’État pour renforcer l’universalité de modèle social.

  • Comment gagner en efficacité, aussi bien en matière de qualité du service rendu qu’en matière de procédures internes ? Parmi les pistes : renforcer l’évaluation des politiques publiques. C’est une attente forte de nos concitoyens qui ont besoin de savoir que chaque euro qu’ils donnent à l’État se traduit dans la création d’un lit d’hôpital ou une éducation de qualité.

  • Comment renforcer la lisibilité et la qualité des services publics pour les citoyens ? Il s’agit de simplifier les démarches des citoyens pour les politiques publiques prioritaires. Parmi les pistes : créer un référent unique pour certains services publics ; créer un service public de l’écologie qui conseillerait les citoyens dans leurs choix en leur permettant d’accéder facilement à tous les dispositifs existants ; créer des services publics universels qui regroupent aujourd’hui les fonctions exercées par Pôle emploi, la CAF, la CCAS, les départements etc.

  • Comment mieux valoriser les agents publics mobilisés sur les missions prioritaires ? Le groupe de travail participera notamment à la réflexion sur la revalorisation des rémunérations des enseignants et des soignants ; et sur l’harmonisation de la gestion des ressources humaines de la fonction publique pour favoriser la mobilité des agents.

« En laissant aux collectivités la liberté d’adapter la stratégie de déconfinement en fonction de leurs spécificités locales, le Gouvernement a posé des principes qu’il nous faut pérenniser pour la suite. La crise a montré que notre organisation étatiste est à bout de souffle. Nous devons donc la repenser, en gardant un État fort qui fixe la doctrine mais en allant vers plus de déconcentration dans les décisions. Je souhaite aussi que nous soyons plus réactifs sur l’évaluation de nos politiques publiques. C’est une attente forte de nos concitoyens qui ont besoin de savoir que chaque euro qu’il donne à l’État se traduit dans la création d’un lit d’hôpital ou une éducation de qualité » a déclaré Stanislas Guerini, Délégué général de LaREM. « Nous devons également prioriser quelques domaines essentiels à notre avenir en commun : la santé, l’environnement, l’éducation et la culture. »

La crise met en lumière le besoin accru de services publics dans certains domaines essentiels, tels que l’éducation et la culture. Ils devront être au cœur du plan de reconstruction.


Éducation

Il convient ainsi de faire de l’éducation, qui était déjà l’une des grandes priorités du quinquennat, l’un des principes structurants de notre action. Pour cela, le groupe de travail « dialogues sur l’éducation » copiloté par Ilana Cicurel et Albert-Claude Benhamou appelle à mettre en place un « plan Marshall de l'école » qui intégrera notamment la revalorisation des rémunérations des enseignants. Ils proposent de travailler autour de 4 axes stratégiques :

  • Refaire société à l’école. Ils proposent notamment définir les orientations de la rentrée 2020 avec les enseignants et les parents d'élèves lors de grands moments de coconstruction au début de l'été ;
  • L’accès au numérique pour tous. Ils proposent notamment de généraliser l’accès au numérique pour tous les élèves et leurs familles ;
  • Une école qui apprend à relever les défis du XXIème siècle. Ils proposent notamment d’intégrer les nouvelles pédagogies et compétences aux programmes scolaires pour préparer les jeunes aux enjeux civiques de demain et aux attentes du marché du travail ;
  • Mettre en œuvre un Pacte de la vocation entre l’École et la société civile, qui inclura un programme national de mentorat et de tutorat « 1 mentor pour 1 lycée » pour accompagner, informer, orienter tous les lycéens de France.

Culture

Les médias sont des piliers pour notre démocratie et la culture est vitale pour chacun de ses citoyens, la puissance publique a donc un rôle stratégique à jouer pour garantir la diversité et la souveraineté culturelles. Le groupe de travail « agir pour la culture, notre bien commun » piloté par Aurore Bergé émet de premières propositions en ce sens autour de trois grandes priorités :

  • L’urgence culturelle avec la mise en place d’un plan massif de soutien à l’emploi culturel, aux équipes et compagnies artistiques, pour en finir avec la précarisation des artistes et techniciens du spectacle et des artistes auteurs ;
  • Le soutien aux créateurs et aux industries culturelles en instaurant un nouveau souffle démocratique pour la culture dans laquelle l’Éducation Artistique et Culturelle devient l’axe prioritaire de la politique éducative, intégrant le temps scolaire obligatoire et la place centrale des artistes dans un projet global d’émancipation. Il convient de protéger nos actifs stratégiques dans la loi, notamment nos catalogues d’œuvres et salles de cinéma, de sanctuariser les ressources de l’audiovisuel public et de pérenniser France 4. Estimant que les médias doivent être au cœur du plan de relance, il est proposé de créer un mécanisme de crédit d’impôt permettant de lutter contre les chutes brutales de recettes publicitaires.
  • Enfin, la refondation de nos politiques culturelles passe par des coopérations repensées avec les collectivités locales et des décisions plus déconcentrées, s'appuyant notamment sur les opérateurs culturels et les DRAC.

Les notes de cadrage des groupes de travail sont disponibles ici.

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