6 idées reçues sur la privatisation des Aéroports de Paris

12 mars 2019 - Le mercredi 13 mars, les députés de l’Assemblée nationale examineront en seconde lecture le projet de loi PACTE, qui prévoit notamment la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). On décrypte pour vous les idées reçues sur cette mesure parfois décriée.

« On ne maîtrisera plus la principale frontière de notre pays. »

FAUX – Même si ADP est privatisé, ce sera toujours à l’État d’être le garant de nos frontières. En vendant ses activités commerciales, il pourra d’ailleurs se consacrer plus amplement à cette tâche.

« Les riverains vont pâtir de cette privatisation d’Aéroports de Paris. »

FAUX – Au contraire. Le couvre-feu d’Orly (aucun décollage après 23h30) ainsi que le nombre maximum de vols seront désormais inscrits dans la loi, ce qui était réclamé par les riverains depuis de nombreuses années. Concernant l’aéroport de Roissy, il est prévu dans le projet de loi d’augmenter les ressources financières du fond de compensation des nuisances aéroportuaires.

« L’État va brader cette entreprise alors qu’elle est aujourd’hui rentable. »

FAUX- ADP est bien rentable aujourd’hui. Son cours en bourse a été multiplié par 3,5 depuis 2006 ce qui assurera à l’État un bon prix de vente. Mais pourquoi ne pas continuer à miser sur cette affaire qui fonctionne ? Roissy était en 2018 le 37ème aéroport du monde (32ème en 2017) pour sa qualité de service (classement annuel réalisé par Skytrax sur la base de notation des passagers). Quatre aéroports européens font partie du top 10. S’il veut s’améliorer, de forts investissements doivent être faits et l’État français, endetté, n’en est pas capable.

« Cela va faire baisser la qualité du service public. »

FAUX – Au contraire car en se séparant des activités commerciales, l’État se concentrera sur l’amélioration des missions de sécurité, de protection des frontières mais aussi de sauvegarde de l’environnement et de limitation des nuisances pour les riverains.

« Cette privatisation est inconstitutionnelle car ADP est un monopole (donc interdit par la Constitution de 1946). »

FAUX – Il y a 15 ou 20 ans, nous aurions peut-être pu dire qu'ADP était un monopole. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas : ADP doit faire face à une concurrence européenne et mondiale féroce, comme les hubs de Francfort, Heathrow au Royaume-Uni ou ceux des pays du Golfe. Pour gagner, la compagnie nationale Air France a besoin d’un hub de classe mondiale.

« On refait la même erreur que celle de la vente des autoroutes ou de l’aéroport de Toulouse. »

FAUX - Le but ici est de s’inspirer des succès des aéroports de Lyon et de Nice, qui sont unanimement considérés comme de grandes réussites. De plus, des garanties seront mises en place :

  • Contrairement aux autoroutes, la régulation d’ADP (Aéroports de Paris) empêche tout surprofit ;
  • L’État garde le dernier mot sur la fixation des tarifs ;
  • Ces tarifs seront contrôlés tous les 5 ans par une autorité indépendante.

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