Les élections italiennes de dimanche doivent-elles inquiéter l’Europe ?

2 mars 2018 - Dimanche, les Italiens se rendront aux urnes. Deux choix s’offrent à eux : une voie pro-européenne ou le virage eurosceptique. Nous avons interrogé Paolo Modugno, candidat du Parti Démocrate, sur sa vision de ces élections décisives.

Élections italiennes : comment ça marche ?

L’Italie est une république parlementaire (comme l’Allemagne), ce n’est donc pas le président de la République que les Italiens éliront ce dimanche mais leurs représentants au Sénat et à la Chambre des députés. Le président du Conseil est ensuite choisi par le président de la République, au sein du parti ayant rassemblé le plus de voix. Et c’est lui qui, à la tête du Gouvernement, impulsera la politique italienne et la mettra en œuvre.

Quel enjeu ?

Pour ces élections, les partis en lice forment deux coalitions, un bon moyen de s’assurer la majorité au Parlement, face au Parti Démocrate. Les principaux partis constituant ces coalitions ont la particularité de partager une position ambiguë sur l'Union Européenne et l'euro. Le mouvement 5 Étoiles voulait un référendum sur la sortie de l'Italie. De l’autre côté, la Ligue du Nord et Frères d’Italie (partis d’extrême droite) prônent la révision des traités européens et l’expulsion des immigrés clandestins.

L’Italie, pilier de l’Union Européenne, risque-t-elle de remettre en cause les traités en vigueur ? Se dirige-t-elle vers une sortie de la zone euro, et quelles en seraient les conséquences ? Des questions qui restent en suspens jusqu’à dimanche.


Interview de Paolo Modugno, candidat du Parti Démocrate

  • Quels sont selon vous les principaux enjeux de l’élection du 4 mars prochain ?

Aux prochaines élections, les Italiens devront effectuer un choix fondamental entre d’un côté, une improbable coalition réunissant des partis souverainistes et xénophobes et ce qui reste du parti de Monsieur Berlusconi, et de l’autre une coalition de partis européistes et réformistes ayant leur pivot dans le Parti Démocrate. Toutes proportions gardées, c’est un peu la même alternative que nous avons vécu en France aux dernières élections présidentielles.

  • Comment pensez-vous que cette élection peut impacter la politique européenne, notamment en perspective des élections de 2019 ?

Au moment où - après les discours d’Athènes et de la Sorbonne prononcés par Emmanuel Macron et suite à la formation du Gouvernement allemand - se prépare une relance de la construction européenne, il est absolument fondamental qu’un pays fondateur comme l’Italie, apporte sa contribution à l’approfondissement du processus d’intégration. Il faut à tout prix éviter que l’Italie tombe du côté de pays comme la Hongrie ou la Pologne qui visent au contraire à détricoter l’ensemble européen.

  • Vous comparez les élections du 4 mars 2018 en Italie à l’élection présidentielle française de 2017. Pourquoi ?

La victoire d’Emmanuel Macron qui, pour la première fois depuis longtemps, avait mis la relance européenne au cœur de son projet politique, a représenté un formidable espoir pour tous les réformistes européens. Il faut que ce nouvel élan soit suivi aussi en Italie pour ne pas remettre le pays dans les mains d’hommes politiques irresponsables qui alimentent les peurs suscitées par les phénomènes de globalisation au lieu d’essayer de mettre en œuvre les mécanismes et les institutions pour essayer de les gouverner.

  • Vous qui êtes un membre de la société civile, en quoi La République En Marche vous a-t-elle inspiré ?

La République En Marche a représenté une nouvelle façon d’approcher la politique par une démarche transcendant les vieux clivages politiques, résolument vouée à la résolution des problèmes des citoyens. J’ai toujours été un sympathisant du Parti Démocrate, mais je n’ai jamais souhaité y adhérer. Si j’ai décidé de présenter ma candidature à ces élections, c’est parce que je considère que nous vivons un moment politique historique pour notre pays.

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