Fichés S : pourquoi l’internement est une idée inefficace ?

26 mars 2018 - Depuis l’attentat de Trèbes, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen ne font plus qu’un pour demander l’internement de tous les fichés S. Une fausse bonne idée qui serait contre-productive.

« Nos échecs sont connus, nos succès sont ignorés », telle pourrait être la devise de tous les services de renseignement. À chaque nouvelle attaque terroriste, l’opposition ressort ses propositions « miracles » toutes plus démagogiques les unes que les autres.

Aujourd’hui, c’est Laurent Wauquiez et Marine Le Pen qui ne font plus qu’un pour demander l’internement de tous les fichés S nationaux jugés dangereux et l’expulsion des fichés S étrangers.

Une mesure spectaculaire, populiste, inefficace et contraire à l’État de droit.

Revenons aux fondamentaux… Qu’est-ce qu’un fiché S ?

Les fichés S - S pour « sûreté de l’État » - sont des personnes que les services de l’État surveillent. Ce travail de renseignement permet à nos forces de sécurité d’observer, entre autres, les personnes suspectées de liens avec des organisations terroristes ou présentant un risque de radicalisation. Les autres personnes pouvant être fichées pour leur appartenance à des mouvements d’extrême-gauche ou d’extrême-droite, à des groupes de hooligans, d’écologistes zadistes, etc…


Pourquoi enfermer tous les fichés S nationaux et expulser les fichés S étrangers est inefficace ?

C’est un outil qui permet aux services de renseignement de faire leur travail

La fiche S est un outil d’alerte pour les forces de l’ordre et le renseignement. Son objectif est de faciliter le travail des enquêteurs pour qu'ils puissent surveiller, infiltrer et démanteler des filières. Il n'est pas dans l'intérêt des enquêteurs de prévenir les personnes sur lesquelles ils travaillent qu'elles sont observées.

Interner ou expulser les fichés S, c’est donc faire perdre à cet outil toute son efficacité.

Si deux attentats ont déjà été déjoués depuis le début de l’année 2018 ou si 20 l’ont été en 2017, c’est bien parce qu’un suivi des personnes les plus dangereuses a pu être effectué et que les services de renseignement ont pu faire leur travail.

Nous sommes un État de droit : nous n’enfermons pas sans condamnation

Être fiché S, ce n’est pas être condamné. N’importe qui peut être fiché S sur la base d’un comportement anormal : ça peut être quelqu’un qui a consulté des sites faisant la promotion d’actions terroristes, ça peut être une autre personne ayant pris contact avec une personne radicalisée.

La loi n’autorise pas à enfermer des personnes ayant ce type de comportement ou soupçonnées sans preuve tangible. Il n’est pas non plus possible de condamner une personne à une expulsion ou à des peines de prisons pour des faits qu’elles n’ont pas encore commis.

Les interner serait donc violer ce qui fait le fondement de notre droit en France.


Le Gouvernement prend quant à lui des mesures concrètes pour lutter efficacement contre le terrorisme

La menace terroriste a évolué en France depuis plusieurs années : elle a changé de forme et est devenue de plus en plus difficile à détecter. Le risque 0 n’existe pas. Pour lutter contre le terrorisme, le Gouvernement s’engage :

✅ Nos armées sont engagées dans la coalition internationale qui est en passe de détruire Daech en Irak et en Syrie.

✅ La majorité a adopté la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, entrée en vigueur le 1er novembre 2017. Elle établit :
Des mesures pour permettre les perquisitions au domicile de personnes présentant un risque de menace terroriste ;
Le renforcement des mesures d’assignations individuelles pour les personnes représentant un risque de menace terroriste ;
La possibilité d’établir des périmètres de protection pour les grands événements ;
La constitution d’un fichier européen des passagers maritimes (PNR) pour suivre les déplacements de passagers par les transports maritimes ;
La possibilité de contrôles aux frontières dans un périmètre de 10km.

✅ La Coordination Nationale du Renseignement, directement placée sous l’autorité du président de la République, a été mise en place pour renforcer la coordination des services engagés dans la lutte contre le terrorisme.

Les moyens dédiés au renseignement seront renforcés sur toute la durée du quinquennat : 1 900 agents du renseignement seront recrutés d’ici 2022.

Les moyens alloués à la sécurité des Français ont été augmentés : le budget des forces de sécurité intérieure (police et gendarmerie) augmente d’1,4% en 2018, et le recrutement de 10 000 policiers et gendarmes est programmé sur 5 ans.

Le plan national de prévention de la radicalisation a été lancé le 23 février. Il prévoit notamment 1 500 places de prison dans des quartiers étanches dévolus aux détenus radicalisés, dont 450 d’ici fin 2018 et 4 quartiers d’évaluation de la radicalisation (QER), soit le doublement des capacités d’évaluation en 2018.


Lutter contre le terrorisme, c’est d’abord donner plus de moyens à nos services de sécurité pour qu’ils puissent mieux détecter et suivre les profils à risques. C’est la raison pour laquelle le renseignement a été identifié comme une priorité dès la campagne présidentielle par Emmanuel Macron. Loin des propositions démagogiques, anticonstitutionnelles et inefficaces de l’opposition, nous nous engageons concrètement pour assurer la sécurité de nos concitoyens.

Dernières actualités

Fermer la recherche