Handicap : 3 questions à... Thierry Michels

14 février 2020 - Thierry Michels, député LaREM du Bas-Rhin et membre de la commission des affaires sociales, répond à nos questions suite aux annonces du président de la République qui s'est engagé, ce mardi 11 février, en faveur d'une société plus inclusive.

Cette semaine, la président de la République a participé à la Conférence nationale du handicap, 15 ans jour pour jour après la loi de 2005 portée par Jacques Chirac. Le Président a rappelé, en présence de Sophie Cluzel, secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargée des Personnes handicapées, que beaucoup avait déjà été fait depuis le début de son quinquennat mais qu’il fallait continuer à agir pour construire une nation qui s’enrichit de ses différences.

Lors de cette conférence, il a tracé une feuille de route ambitieuse pour les deux ans à venir avec des mesures visibles dès septembre et à rappelé son engagement pris dès son arrivée à l’Élysée : construire une société plus inclusive. Thierry Michels, député LaREM du Bas-Rhin et membre de la commission des affaires sociales engagé sur ces sujets, revient pour nous sur l'événement et ses enjeux.

- Cette semaine a eu lieu la 5ème conférence nationale du handicap. De quoi s’agit-il ?

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a instauré ce rendez-vous trisannuel qu’est la Conférence nationale du handicap. C’est un moment important pour évaluer l’avancement et la trajectoire des politiques publiques qui concerne les 12 millions de personnes en situation de handicap. Le président de la République, qui avait fait du handicap sa carte blanche lors de la campagne présidentielle, a clôturé cette conférence le mardi 12 février devant l’ensemble des ministres concernés et des acteurs majeurs du domaine du handicap. Je souhaite souligner l’accent particulier donné par le président de la République à la participation de la société civile à cette 5ème conférence nationale du handicap, pour que vive pleinement la formule qui doit nous rassembler : tous concernés, tous mobilisés !

- En quoi les droits et la situation des personnes en situation de handicap ont évolué depuis l’élection d’Emmanuel Macron ?

Des avancées très concrètes peuvent d’ores et déjà être répertoriées, qu’il s’agisse d’adapter la société, de reconnaître l’engagement des proches aidants ou encore de lancer une “stratégie nationale autisme” ! Je retiens notamment le droit de vote pour les majeurs sous tutelle et la mise en place de droits à vie pour les personnes dont le handicap n’est pas susceptible d’évoluer favorablement, permettant de simplifier considérablement les démarches administratives. Il faut aussi souligner la revalorisation de l’Allocation aux adultes handicapés qui s’élève à 900 euros par mois depuis novembre 2019 (ce qui représente 90 euros supplémentaires par mois par rapport à 2017). En ce qui concerne l’emploi, un effort particulier a été mené à propos de la formation et l’apprentissage avec un compte personnel de formation doté de 800 euros (au lieu de 500) pour les personnes handicapées. Dans le cadre de la stratégie nationale autisme, la prévention a été améliorée avec 27 plateformes de diagnostic et d’intervention précoces ouvertes en 2019. Enfin, le Conseil national consultatif des personnes handicapées a été rénové pour mieux intégrer celles-ci dans les prises de décision les concernant. Tout cela doit concourir à un nouveau regard porté par la société sur le handicap, et je remercie la secrétaire d’Etat Sophie Cluzel pour son engagement au quotidien sur ces enjeux.

- La secrétaire d'Etat chargée du dossier, Sophie Cluzel, a indiqué que cette conférence serait le moment de s'engager sur des mesures pour la fin du quinquennat. Que pouvez-vous nous dire sur ces engagements ?

La phase II sera évidemment celle de la concrétisation et de l’évaluation des mesures adoptées. Cela dit, dans la droite ligne de ce qu’a dit le président de la République, il nous faut aller encore plus loin dans la société inclusive et concrétiser le pacte républicain au bénéfice de toutes et tous. Nous simplifierons d’abord les démarches : un numéro unique d’appui (le 360) sera mis en place pour accompagner les familles. De plus, les délais d’examen des demandes seront réduits à trois mois maximum. Par ailleurs, pour que tout enfant en situation de handicap puisse aller à l’école, nous allons accroître la formation des enseignants et recruter 11 000 accompagnants supplémentaires. Des droits nouveaux prendront aussi en compte la situation particulière des travailleurs en situation de handicap. Le système universel de retraite verra par exemple les conditions de retraite anticipée simplifiées avec un départ possible dès 55 ans et l’ouverture au même âge de la possibilité d’une retraite progressive. Enfin, pour que la prise en compte du handicap et la solidarité nationale soient uniformes dans les territoires, l’Etat a signé un accord de confiance avec les opérateurs et l’Association des départements de France. Les Maisons départementales des personnes handicapées seront ainsi mieux accompagnées, et nous allons mettre 1000 ambassadeurs mobilité au service des maires pour qu’advienne enfin la commune inclusive qui favorise l’accessibilité pour tous. Beaucoup reste à faire, mais la mobilisation de tous est essentielle, et elle est au rendez-vous !

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