Rencontre avec Stéphanie qui s'engage pour l'accès à l'éducation pour tous pendant le confinement

23 avril 2020 - Stéphanie, référente du Haut-Rhin, défend avec ardeur le rôle de l'École dans la lutte contre les inégalités. Elle a créé un groupe virtuel d’aide aux devoirs pour atténuer les effets du confinement sur l’accès à l’éducation. Présentation.

En quoi consiste la Mission Charlemagne que vous avez lancée ?

La Mission Charlemagne est un groupe Facebook d’entraide entre des personnes qui sont en capacité d’aider aux devoirs, parce qu’elles ont le temps et les connaissances, comme des professeurs ou des étudiants, et des élèves et leurs parents. Dans mon entourage, j’ai reçu beaucoup de témoignages de familles qui ont du mal à assurer le suivi éducatif des enfants pendant le confinement, parce que les parents travaillent, parce qu’ils ont oublié comment réaliser tel exercice de maths, etc. Partant de ce constat, et après avoir consulté des professeurs des écoles pour bien comprendre ce que propose “Ma classe à la maison”, j’ai décidé de lancer cette initiative, qui a vocation à être un complément du dispositif, là où c’est nécessaire. Les situations des enfants sont très disparates : l’objectif que nous partageons tous, c’est qu’aucun ne soit livré à lui-même pendant cette période loin des écoles. Moi-même, je suis une enfant de l’école de la République : je viens d’un milieu modeste et je m’en suis sortie grâce à l’école et au sport.
L’école donne le maximum de chances à chacune et à chacun et permet de lutter contre les inégalités de destin. C’est la dynamique à laquelle participe aussi, à son échelle, la Mission Charlemagne.

Comment se passe concrètement l’aide aux devoirs ?

Le groupe permet de poster des messages d’appel à l’aide, par exemple : “ma fille a un exercice de physique auquel je ne comprends rien : qui peut nous expliquer ?” Ensuite, il y a deux possibilités : soit une personne en mesure de répondre à la demande se signale rapidement et j’assure alors juste un petit suivi, pour m’assurer qu’une solution a bien été trouvée ; soit il n’y a pas de proposition immédiate de soutien et, dans ce cas-là, je fais un travail plus proactif pour trouver un interlocuteur et j’assure la mise en relation.
Aujourd’hui, le groupe rassemble quasiment 200 personnes : après quelques semaines d’existence, c’est encourageant, mais il faut que l’on continue à grandir pour toucher un maximum de parents d’élèves et d’élèves en demande.
Des élèves de tous âges d’ailleurs : le groupe permet aussi à celles et ceux qui veulent profiter du confinement pour développer de nouvelles compétences, comme améliorer sa maîtrise d’une langue étrangère ou apprendre les règles de base de la comptabilité, de trouver des professeurs bienveillants. C’est ainsi qu’une jeune française confinée en Espagne dialogue régulièrement avec une personne bilingue pour approfondir sa connaissance de l’espagnol.
Bien évidemment, pas question de se rencontrer physiquement : pour le moment, toute l’aide est apportée par visio. Il n’y a donc aucune barrières géographiques au soutien que l’on peut proposer : un professeur de Bayonne peut très bien accompagner un élève de Colmar !

Qu’adviendra t-il de la Mission Charlemagne après le confinement ?

Nous avons envie de poursuivre notre travail : l’aide aux devoirs est cruciale pour assurer la réussite de toutes et tous à l’école, et en-dehors. Cela me fait plaisir de constater que ce projet rassemble des personnes de sensibilité politique différente, convaincues avant tout par notre démarche au-delà de toute considération partisane. D’ailleurs, toute publication qui serait de nature polémique, même concernant la réouverture des écoles par exemple, n’a pas sa place dans le groupe de la Mission Charlemagne et est automatiquement supprimée.
Ce qui nous unit, c’est vraiment notre volonté d’aider et d’être utiles. Personnellement, c’est le moteur de mon engagement politique depuis le début.


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