Rencontre avec France, médiatrice numérique volontaire : “Le confinement accentue les besoins”

7 avril 2020 - Lancé fin mars, le site “solidarité-numérique” a pour vocation d'aider les Français(es) à réaliser leurs démarches administratives via des outils numériques. France, marcheuse, fait partie des médiateurs numériques engagés pour répondre aux questions.

En quoi consiste le travail des médiateurs numériques en ce moment ?

A chaque fois, il s’agit de suivre pas-à-pas la personne pour qu’elle puisse réaliser en ligne ses démarches administratives. Il faut bien comprendre qu’il s’agit de personnes qui ne possèdent souvent aucune autonomie numérique et qu’il faut accompagner à chaque étape. Les médiateurs numériques se relaient pour assurer une permanence toute la semaine, du lundi au vendredi, de 9h à 18h. Nous recevons sans cesse des questions, par téléphone et par email, auxquelles il faut répondre de la manière la plus simple et la plus efficace possible. Lorsque la plateforme a été lancée, nous étions 50 médiateurs, le lendemain 80, et nous continuons à monter en puissance, car les demandes affluent.

La plateforme solidarité-numérique permet de bénéficier d’un accompagnement pour réaliser ses démarches administratives en ligne : https://solidarite-numerique.fr/

Les besoins en médiation numérique ne sont donc pas apparus avec le confinement ?

Le confinement accentue les besoins mais cela va bien plus loin. C’est pourquoi, dès 2018, j’ai créé une association, “Cyber écrivain public”, qui offre un guichet unique pour la réalisation de tout type de démarches sur internet. Nous sommes une dizaine de bénévoles à proposer tout au long de l’année un accompagnement aux personnes qui viennent à notre rencontre dans un de nos quatre bureaux parisiens : il y a en 3 dans le 19ème, dont 1 bureau non-permanent dans un EPHAD, et 1 dans le 12ème. Nous offrons une aide ponctuelle qui est un premier pas vers l’insertion numérique : par exemple, grâce au passeport numérique que nous créons lors du premier rendez-vous pour chacune des personnes que nous accompagnons, toutes et tous sont libres d’évoluer par la suite sans nous et de gagner ainsi en autonomie. Etant de formation juridique, j’ai aussi à coeur de proposer un soutien juridique à ces personnes qui souvent méconnaissent leurs propres droits. En temps normal, nous accompagnons environ 200 personnes. Depuis le début du confinement, l’association continue de fonctionner grâce à la mise en place d’un bureau virtuel et au développement d’outils très simples de visioconférences et de partage d’écrans.

France (à gauche), aidante numérique est également la présidente de l’association “Cyber écrivain public” créée en 2018 pour favoriser l'insertion numérique des personnes isolées.

Comment envisagez-vous l’après-confinement ?

En tant que médiatrice pour la “solidarité-numérique”, je m’aperçois que des gens qui me contactent via la plateforme relèvent en fait davantage d’un suivi du type de celui qu’offre notre association. Cela renforce ma conviction que l’entraide numérique devra se poursuivre et même se renforcer à l’issue du confinement. Par exemple, à l’échelle associative, nous souhaitons renforcer notre implantation en zone rurale. C’est là qu’est née l’idée derrière “Cyber écrivain public” : en venant au secours de la grand-mère de mon fils, qui attendait ma visite pour faire ses démarches ! Plus largement, les aidants numériques portent de multiples casquettes : informaticiens, assistants sociaux, juristes … Ils peuvent jouer un important rôle d’insertion sociale et professionnelle.

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