Aurore Bergé : “L’éducation culturelle et artistique doit devenir une priorité nationale”

27 mai 2020 - Dans le cadre du programme Reconstruire Ensemble, Aurore Bergé et Stanislas Guerini ont échangé avec Jack Lang pour faire de la culture et particulièrement de l'éducation artistique et culturelle un chantier prioritaire.

Lors d’un débat consacré à “Agir pour la culture, notre bien commun”, Jack Lang, Président de l’Institut du Monde Arabe et ancien ministre de la Culture, a partagé ses réflexions avec Aurore Bergé, députée LaREM en charge du groupe de travail sur la culture, et Stanislas Guerini, Délégué général de LaREM.

De nombreux sujets ont été abordés pendant cette heure d’échange, par exemple : l’urgence du sauvetage de l’emploi culturel, auquel va notamment participer l’année blanche pour les intermittents annoncée par le président de la République le 6 mai dernier, et la nécessité de placer la culture, facteur de cohésion sociale, territoriale et nationale, au coeur du projet de reconstruction du pays.

Après le temps de l’urgence, Jack Lang a émis le souhait que vienne le temps de la refondation de la politique des arts, en deux temps :

  • En premier lieu, une volonté politique puissante : l’Etat doit énoncer que la culture, l’éducation, les sciences sont des priorités du service public.
  • En second lieu, une large consultation du pays : parce que la culture concerne tous les citoyens, il faut mobiliser les artistes, les créateurs, les élus, mais aussi les amateurs, pour faire l’inventaire des richesses artistiques de la France, et de ses faiblesses, et pour récolter les bonnes idées qui serviront ensuite de repères.
« Tous les grands moments de la politique culturelle ont coïncidé avec des séismes. »
Jack Lang, le 16 mai 2020

Aurore Bergé, Jack Lang et Stanislas Guerini ont ensuite dessiné ensemble quelques priorités pour ce grand “chantier de rêves” à venir : repenser le lien entre l’Etat et les territoires en capacité de porter les sujets de proximité culturelle, interroger la politique culturelle à l’ère du numérique, qui doit être un “adjuvant” et non un “substitut” à la vie culturelle, faire de l’éducation artistique et culturelle un chantier prioritaire à l’école.

“L’éducation et la pratique artistiques doivent faire partie des fondamentaux de l’école, au même titre que le calcul ou la lecture,” a déclaré Jack Lang. En rappelant le succès rencontré par l’opération “Orchestre à l’école”, Aurore Bergé a souligné les apports de la pratique artistique dans les établissements scolaires : appréhension facilitée des autres savoirs, climat des établissements apaisé, et engagement des jeunes sur la voie de la culture. “C’est à l’école qu’on forme les nouveaux cinéphiles, les futurs amoureux du théâtre ou de la musique” a ajouté l’ancien ministre de la Culture. Stanislas Guerini a conclu en rappelant que l’art est un formidable outil de cohésion sociale et que, dans cette optique, le chèque déconfinement qu’il propose pour les familles les plus vulnérables pourrait également être utilisé de façon local, pour “une consommation culturelle au coin de la rue”.

“Il ne faut pas être dédaigneux, a abondé Jack Lang, car tous les professionnels de la culture ont commencé par être des amateurs”. C’est pourquoi il faut faciliter la rencontre fortuite entre les citoyens et les arts, par exemple dans l’espace public, a ajouté Aurore Bergé. A l’image de la commande passée par le Président Roosevelt à des milliers d’artistes américains au lendemain de la Seconde guerre mondiale, la commande publique peut être aujourd’hui un outil puissant, qui s’appuie sur l’engagement de réseaux multiples, les élus locaux, les directions culturelles régionales, les fonds européens, pour faire vivre la création française.

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