Emmanuel Macron : “Protéger nos agriculteurs et réussir la transformation”

21 février 2020 - A la veille du Salon International de l’Agriculture, le président de la République a renouvelé son attachement à la qualité de notre agriculture et sa volonté d’aider les agriculteurs à bâtir un nouveau modèle plus innovant et écologique.

Agribashing, glyphosate, transition écologique, accords internationaux… Emmanuel Macron a accordé un entretien à la presse régionale à la veille de l’ouverture du Salon International de l’Agriculture. L’occasion de faire le point sur les grands enjeux qui attendent notre modèle agricole.


  • Lutter contre l’agribashing

Tout d’abord, le président de la République rappelle la nécessité de protéger les agriculteurs contre les stigmatisations dont ils sont l’objet tout en réussissant la transformation du modèle agricole. Aucune violence à l’encontre des agriculteurs ne doit être tolérée, c’est pourquoi est mise en place une cellule dite Demeter avec un numéro spécial de secours.

« Il faut à la fois protéger les agriculteurs contre les stigmatisations dont ils sont l’objet et réussir la transformation du modèle agricole. »
Emmanuel Macron, le 20 février 2020
  • Faciliter la transition écologique

La transition écologique est une révolution, une transformation de notre modèle, aussi profonde que celle qui fut accomplie dans les années 1960, “lorsque nous avons bâti une agriculture pour nourrir les Français”.

Pour aider les agriculteurs à accomplir cette transition dans les meilleurs conditions, leur revenu doit s’améliorer : les plans de filières et la loi EGALIM vont dans ce sens.

En outre, Emmanuel Macron a annoncé le lancement d’un programme de recherches, doté de 30 millions d’euros pour cultiver et protéger autrement. L’objectif étant de développer des pratiques innovantes.


  • Sortir du glyphosate

Le Président a toujours indiqué que les agriculteurs ne seraient pas laissé sans solution. C’est pourquoi le Gouvernement a saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et l'Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) pour identifier les alternatives viables et organiser une sortie du glyphosate sur des bases objectives.

Aujourd’hui, il est possible d’envisager une réduction très importante des quantités utilisables notamment en viticulture ou en arboriculture.

Par ailleurs concernant la mise en place de zones de non-traitement aux produits phytosanitaires (ZNT) près des habitations, le Président a rappelé qu’un dispositif d’aide exceptionnelle de 25 millions d’euros sera mis en place pour accompagner les agriculteurs dans ces situations.

« Je suis le président des Français et des Françaises avec un attachement particulier à l’agriculture qui participe de l’art d’être français. »
Emmanuel Macron, le 20 février 2020
  • Protéger notre agriculture à l’international

A propos du Mercosur. Le Président a de nouveau expliqué qu’avec la présence du Brésil, qui ne respecte pas les accords de Paris et qui a “une politique de déforestation assumée”, il était impossible d’engager des négociations commerciales.

A propos du CETA. Cela est différent, le Canada a signé et ratifié les accords de Paris. Un mécanisme de veto climatique empêche les investisseurs privés de contester les réglementations environnementales.

Depuis deux ans, avec le CETA on constate : + 16% d'exportations françaises, + 11% d'exportations de vins français, + 46% d'exportations françaises de fromages, sans oublier une augmentation de 71% des investissements canadiens en France qui ont permis de créer 25 000 emplois.

A propos du Brexit.“Je veux dire à nos pêcheurs que je me battrai pour eux”, a rappelé le Président. L’aspect réglementaire doit rester le même et si nous n’obtenons pas les mêmes accès qu’aujourd’hui, des compensations seront trouvées.

A propos des sanctions américains sur les vins français. Le président de la République a demandé un fonds de soutien pour les viticulteurs touchés par ces sanctions.

Emmanuel Macron veut une politique agricole européenne à la hauteur

Ce jeudi, Emmanuel Macron s’est également exprimé à Bruxelles sur la Politique agricole commune (PAC). Il a affirmé qu’il fallait "se battre pour avoir une politique agricole commune au rendez-vous de nos ambitions".

La dernière proposition présentée par le Conseil européen alloue à la PAC un montant réduit de plus de 50 milliards d'euros sur 2021-2027, par rapport à l'exercice précédent. Et pour notre Président : “Le compte n’y est pas.” Il souhaite donc que la proposition soit réétudiée afin d’éviter toute baisse du budget.



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