Autisme : changeons la donne !

6 avril 2018 - Le Premier ministre a présenté cette semaine la stratégie nationale sur l’autisme.

« Ma volonté : ouvrir les murs des instituts pour construire une société où chacun a sa place. Nous devons passer d'une logique de protection qui isole à une logique d'inclusion qui accueille. »
Emmanuel Macron

L’autisme est aujourd’hui associé à une forme d’isolement. Pour sortir de cette « logiquement d’enfermement », le Gouvernement a présenté cette semaine la stratégie nationale sur l’autisme.



Pour un diagnostic plus précoce et donc une meilleure prise en charge

Près de la moitié des diagnostics de personnes autistes interviennent entre 6 et 16 ans aujourd’hui. La France a accumulé un retard significatif en matière de repérage, de diagnostic, d’accompagnement et d’inclusion des personnes autistes.

Des examens médicaux obligatoires de 9 à 24 mois seront mis en place pour alerter les parents en cas de trouble psycho-autistique de leur enfant. Ils permettront de mieux accompagner les enfants plus tôt. Cela peut réduire les écarts de développement, voire de limiter l'aggravation du handicap.

Un « forfait intervention précoce » sera également mis en place dès janvier 2019. Pour les familles qui ont recours à des professionnels comme des psychomotriciens ou des ergothérapeutes sans que l’enfant ne puisse être pris en charge par la Sécurité sociale, ce sera une aide financière déterminante.



Pour une meilleure scolarisation des enfants autistes

« La fatalité, ça n'est pas d'être autiste, c’est de naître avec un autisme en France. »
Edouard Philippe

La logique d’inclusion des personnes autistes commence par l’école. Aujourd’hui, seulement 30 % des enfants autistes sont scolarisées en maternelle (deux jours par semaine ou moins), 40 % à l’école primaire puis au collège et au lycée.

Pour inclure à l’école maternelle 100 % des enfants nés autistes en 2018, le Gouvernement triplera le nombre de places dans les petites classes destinées aux enfants ayant besoin d'un soutien renforcé (ou Unités d'enseignement en maternelle, UEM). 100 postes d’enseignants spécialisés seront également créés pour soutenir les élèves autistes déjà scolarisés.

Pour l’inclusion dans l’enseignement secondaire, les Unités localisées pour l’inclusion scolaire (ou classes « Ulis ») seront renforcées avec un budget de 103 millions d'euros.



Pour sortir de la logique psychiatrique et mieux aider les aidants

600 000 adultes seraient autistes en France mais seulement 75 000 personnes sont réellement diagnostiquées. Parmi elle, nombreux sont ceux qui sont pris en charge par un séjour long en hôpital psychiatrique, en l’absence de structure adaptées.

Un plan national de repérage et de diagnostic des adultes en établissements de santé et médico-sociaux sera lancé pour que les centaines de milliers de personnes autistes non-diagnostiquées soient accompagnées.

La prise en charge sera aussi améliorée. D’abord par la formation des personnels de santé aux meilleures pratiques. Ensuite, par l’ouverture de colocations en logement social et l’ouverture de « logements accompagnés ». Le Gouvernement mobilise 115 millions d’euros pour y parvenir.

Enfin, le soutien aux aidants va aussi être développé par la création de « plateforme de répit » dans chaque département. Ces structures de garde temporaire (quelques heures ou quelques jours) pour enfants ou adultes permettront aux familles de se reposer ou de partir en vacances.

Cette stratégie nationale sur l’autisme est dotée d’une enveloppe de 344 millions d’euros sur cinq ans pour améliorer la recherche, le dépistage et la prise en charge. C’est une augmentation de près de 70 % des moyens consacrés à l’autisme.


→ Adrien Taquet, député LaREM, vous explique ce qui va changer la donne




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