3 questions à ... Ilana Cicurel

27 juin 2020 - La députée européenne Ilana Cicurel, qui a coordonné un position paper sur la relance pour le groupe Renew, a accepté de répondre à nos questions.

La Commission européenne dévoile ces jours-ci son nouvel agenda des compétences, autrement dit ses ambitions en matière de formation pour les prochaines années. L’occasion pour notre Mouvement de s’entretenir avec Ilana Cicurel, députée européenne, membre des commissions Culture et Emploi, qui vient de coordonner une prise de position du groupe Renew Europe dans ce domaine.

1. Pourquoi le groupe Renew Europe a-t-il souhaité interpeler la Commission sur la question de la formation et des compétences ?

Pour surmonter une crise économique et sociale de l’ampleur de celle qui se prépare, il est vital que l’investissement dans l’éducation et la formation devienne une priorité stratégique, avec une attention particulière prêtée aux jeunes, aux personnes vulnérables ainsi qu’à nos concitoyens en situation de handicap.

Notre groupe politique Renew Europe a pris récemment l’initiative d’une résolution historique rassemblant l’ensemble des groupes pro-européens du Parlement européen qui ont appelé à une relance par les investissements d’avenir. On ne peut que s’en féliciter. Mais il faut prendre conscience que l’accélération des transitions digitale et climatique tout comme le renforcement de la souveraineté industrielle européenne ne seront possibles que si nous investissons de manière massive et ciblée dans les compétences des femmes et des hommes de notre continent. L’investissement dans l’humain est à la fois le plus essentiel et le plus rentable !

2. Quelles sont les priorités sur lesquelles vous attirez l’attention de la Commission dans votre « position paper »?

D’abord, nous invitons l’Union Européenne à identifier les secteurs porteurs et à développer des instruments de cofinancement pour encourager les États membres et les citoyens à privilégier les formations qui mènent véritablement à l’emploi. Ensuite, nous pensons qu’il faut aller beaucoup plus loin dans la reconnaissance mutuelle des diplômes. La mesure-phare de notre document, c’est l’appel à la création d’un statut européen de l’apprenti. Une filière incroyablement prometteuse qu’il nous faut valoriser et développer. On sait que les Allemands sont pionniers en la matière. La présidence allemande qui s’ouvre sera une excellente occasion d’avancer dans cette voie. Renforcer Erasmus + apprentis était au cœur de notre campagne. Au delà de la dimension économique, il y a là un enjeu politique majeur : envoyer un message à une partie de la jeunesse qui perçoit l’Europe comme lointaine et ne répondant pas à ses besoins.

Enfin, pour faire de l’Europe une « puissance éducative », expression chère au Président Macron, il faut renforcer la coopération entre Etats-membres - la crise nous a montré combien il était indispensable de mutualiser les bonnes pratiques notamment dans le domaine du numérique et de l’école à distance - mais aussi investir de manière beaucoup plus significative dans la recherche en pédagogie. Les systèmes les plus performants et les plus inclusifs sont ceux qui investissent dans une recherche participative en lien avec le monde enseignant. Notre nouveau programme Horizon Europe doit s’engager résolument dans cette voie.

3. Votre message aux membres de la Commission et du Conseil qui sont à la veille de grandes décisions ?

Ne nous décevez pas ! Nous devons tout faire pour que la jeunesse ne soit pas une génération sacrifiée, victime collatérale de la crise sanitaire et de ses répercussions sur le monde du travail. Le projet de Budget présenté par le président du Conseil qui ne prévoit même pas le doublement d’Erasmus + alors que nous, parlementaires, en demandions le triplement pour pouvoir relever les nouveaux défis pour la jeunesse (démocratisation d’Erasmus +, lancement des Universités européennes, etc.), n’est pas à la hauteur des enjeux ! Nous comptons sur vous pour que les fonds de relance ainsi que la programmation budgétaire (cadre financier pluriannuel) répondent aux attentes légitimes des citoyens d’Europe dont chacun est en droit de trouver sa place et de s’épanouir dans le monde que nous sommes en train de construire !

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