Discours de Marseille

1 avril 2017 - Retranscription du discours d'Emmanuel Macron à Marseille

Rassemblement à Marseille

Discours d’Emmanuel Macron
1er avril 2017

Bonjour à vous ! Bonjour Marseille !

Il y a de l’énergie dans cette salle ! Bonjour Marseille ! Ville de mon coeur ! C’est ici, une fois annoncée ma candidature, que j’ai fait mon premier déplacement. Je ne l’oublie pas ! Il y a longtemps déjà. Et je revoyais tout à l’heure vos images, celles et ceux qui étaient là aux premières heures. Vous n’étiez pas beaucoup: regardez-nous aujourd’hui ! Nous sommes là ! Merci à Corinne et Christophe d’avoir ouvert ce rassemblement. Que de chemin parcouru ! Vous le méritez, les amis ! Vous l’avez fait ! Dans quelques jours, nous fêterons notre premier anniversaire. Le 6 avril. Et je voudrais aujourd’hui, souhaiter un anniversaire particulier. Aujourd’hui, le jeune Martin LE FERRAND a vingt ans. Il est avec nous, il est à Lille, cher Christophe, et il se bat contre la maladie. Alors je sais qu’il nous regarde, qu’il pense à nous et qu’il aime la politique plus que tout. Alors bon anniversaire Martin, on t’envoie plein d’énergie !

Et aujourd’hui, mes amis, nous sommes surtout à trois semaines, trois semaines du premier tour de cette élection présidentielle. Trois semaines, ce n’est rien ! Trois semaines, c’est demain ! Trois semaines, c’est ce temps décisif, que nous devons gagner heure après heure, jour après jour et pour lequel je compte sur vous ! Parce que mes amis, je veux que nous soyons le vote du coeur, le vote de l’enthousiasme, le vote de l’espérance ! Et que nous chassions loin de cette campagne, loin du pays, le parti de la haine, celui du mépris, celui du repli et toutes celles et ceux qui nous font tellement honte. Avec vous, à vos côtés, aujourd’hui et comme on dit ici : “on craint dégun” !

C’est cela que je suis venu vous dire : nous, nous n’avons pas peur ! Nous, nous ne jouons pas sur les peurs ! Nous, nous voulons réussir, aimer notre pays, tous ensemble! Alors oui, vous l’avez vu ! Nous sommes attaqués de toute part. Par le Front National, notre premier opposant. Non, ne les sifflez jamais! Combattez-les ! Convainquez ! Sortons-les ! Oui, c’est notre premier opposant ! Et tout le monde, dans la vie politique, s’est habitué à eux, c’est devenu normal : ils vont être en tête du premier tour et personne ne s’en étonne. Non, nous allons être en tête du premier tour et nous allons les battre ! Parce qu’ils jouent sur les peurs ! Parce qu’ils auront une victime, les classes populaires et les classes moyennes. Parce qu’eux pourront ensuite se retirer en leur château ! Ce sont eux, les héritiers du parti de la haine ! Nous ne les voulons pas !

Nous sommes aussi maintenant attaqués par le candidat du Parti Socialiste. Non, ne le sifflez pas davantage surtout, quelles que soient ces tentations. Il a décidé que son ennemi n’était plus le Front National ni même Les Républicains. C’étaient nous. En cela, ils ont un point commun. Par peur de disparaître, parce que les divisions sont là, parce qu’ils se sont depuis tant d’années opposés à tout, parce qu’ils ne veulent plus gouverner. Nous, nous voulons présider ! Nous, nous voulons gouverner !

Et nous sommes maintenant attaqués par le candidat des Républicains. Non, s’il vous plaît, ne vous joignez pas à leur indécence, jamais. Il y a eu, je crois, peu de moments, il y a eu peu de moments où le nom de ce parti a été si immérité par celui qui en porte les couleurs. Il n’a plus de programme, alors il invective les autres. Il ne va plus à la rencontre des Français, il ne le peut plus. Alors, il se calfeutre avec son clan; il connaît l’indignité, de par sa faute; il veut maintenant tous nous y plonger, par ses attaques infâmes. Alors je vais vous le dire, ils nous ont annoncé, à grand fracas d’articles, qu’ils allaient nous attaquer maintenant par Internet, mener une grande campagne. Regardez, nous tremblons mes amis !

C’est devenu un clan qui joue sur la revanche, qui ne promet que cela ! Il va venger ! C’est un clan aux pratiques inacceptables, qui ne propose plus rien ! Qui, hier encore, a fait siffler un représentant de la famille gaulliste. C’est pour cela que, ce matin, j’ai décidé de manière républicaine, de rendre visite à Christian ESTROSI. Nous nous sommes opposés, nous avons des divergences, nous avons consommé des désaccords. Mais c’est un républicain. Dans cette région, grâce à l’esprit de responsabilité de Christophe CASTANER, ils ont su arrêter le Front National. Alors oui, je vous le dis : hier soir, ils ont montré le masque de la haine et de l’indignité. Ça n’est pas le visage de la France, ça n’est pas le visage que je veux pour la France !

Ils ont décidé de tourner le dos à la République pour aller chérir et embrasser Sens commun. Eh bien honte à eux, qu’ils suivent cette route, ils la suivront jusqu’au bout, poursuivant le Front National ! Nous, nous sommes là et bien là, et nous gagnerons ! Alors mes amis, pourquoi aujourd’hui, se liguent-ils tous contre nous ? Pourquoi ont-ils tous un point commun, c’est de nous attaquer ? Ça, c’est vrai ! Ça, c’est vrai.

Parce que ce que nous portons, c’est leur disparition ! Parce que ce que nous portons, ces convictions que je suis venu cet après-midi partager avec vous, ce qui nous fait, c’est que nous sommes l’alternance véritable, profonde, le renouvellement de notre vie politique. Parce que nous sommes le camp de l’espoir. Parce que nous sommes le projet qui protège. Parce que nous sommes les patriotes ouverts sur un monde qui change. C’est pour cela, mes amis, qu’ils nous détestent tant ! Mais c’est pour cela que nous gagnerons !

Alors oui, notre première promesse, notre engagement, ce dont je suis le garant et ce dont je serai le garant jusqu’au bout avec vous, c’est de porter l’alternance profonde et le renouvellement pour notre pays ! Les choses sont simples : cela fait maintenant plus de vingt ans que la droite et la gauche, dans un tic-tac dont elles ont pris l’habitude, se partagent les affaires du pays. On se les rend tous les cinq ans ou les dix ans, c’est ainsi, et c’est bien normal. C’est l’inefficacité. C’est vingt ans de blocage du pays. C’est vingt ans durant lesquels on promet à son camp l’alternance du balancier, pour lui dire “tout ce qui a été fait pendant cinq ans est forcément mauvais”. Et on supprime tout, y compris le bon. C’est l’esprit de revanche qui mobilise, où on va voir son camp et on lui dit “qu’importent les idées, regardez-les en face, nous les détestons tant, rassemblons-nous, allons !” Et la famille vous nourrit. Ce sont les intérêts bien compris. C’est la clique de l’inefficacité. Alors oui, ils disent “avec moi, tout va changer”. Et tout redevient pareil. Cela fait vingt ans que nous sommes bloqués par ce balancier permanent. Je l’ai vu. Je l’ai connu. J’y suis allé. Ministre, j’ai porté des réformes. Sans doute tout n’était-il pas bon. Et je voyais, à gauche, certains me dire “ce que tu défends, je me suis toujours battu contre, je ne t’aiderai pas” et d’autres, à droite, venir me voir en me disant “c’est formidable, c’est efficace, j’aurais voulu le faire, mais toi, tu es de gauche, n’est-ce pas ?” Nous vivons dans cette malédiction de la politique française depuis tant d’années. Je l’ai vu au gouvernement. Je l’ai vu au Parlement. Je l’ai vu dans l’État.

Alors oui, maintenant ils m’attaquent, en disant tout à la fois que je suis l’héritier et le traître. D’abord, il faut choisir l’histoire qu’on veut raconter : je ne peux pas être les deux ! Ensuite, moi, je ne suis l’héritier de rien. Je suis l’héritier de vous. Je suis l’héritier de votre confiance. Je suis l’héritier de votre énergie, de votre envie, de notre avenir ! Rien d’autre ! Parce que moi, mes amis, j’ai dit “non”. J’ai dit “non” plusieurs fois. J’ai dit “non”. J’ai quitté le gouvernement. J’ai quitté la fonction publique. Pour prendre mes risques et me lancer, avec vous, parce que vous étiez là, parce que vous le vouliez. Mais qui me donne ces leçons ? Ceux qui, depuis plus de trente ans, baignent dans cette vie politique ? Ceux qui, parfois, ont, pendant cinq ans, accepté sans coup férir d’être des Premiers ministres collaborateurs et maintenant voudraient dire “je n’y étais pour rien, moi, je n’ai rien fait, ce n’était pas mon quinquennat” ? Les héritiers du million de chômeurs de l’époque, les héritiers du six cent milliards de dettes en plus, ce sont eux, pas nous !

Alors je sais bien, beaucoup se posent des questions en ce moment, s’interrogent : “il nous dit que c’est l’alternance et le renouvellement et on voit tant de monde arriver, de part et d’autre !” D’abord, rassurez-vous. Rassurez-vous, mes amis, parce qu’avoir des soutiens est toujours préférable à subir des défections. Et au fond, nous recherchons une large majorité de Français qui nous soutiennent. Je ne leur demande pas de le faire à coup de communiqués de presse chaque jour. Mais, chaque jour, nous avons des soutiens, des nouvelles vocations. Chaque jour, nous avons des femmes et des hommes qui, parfois, nous avaient attaqués, conchiés, qui nous rejoignent. N’y voyez qu’un signe. N’y voyez qu’une signification. C’est que nous sommes en train d’avancer ! C’est que ce que en quoi vous croyez s’impose maintenant à eux ! C’est que leurs primaires sont bien un échec ! Et c’est que, oui, la recomposition de la vie politique est là, en actes !

Alors je ne vais pas trier les soutiens, je ne vais pas trier les bulletins de vote, mais je serai, parce que c’est ce que je vous dois, d’une exigence absolue pour gouverner et pour légiférer. Parce que oui, celles et ceux qui vont continuer à faire ce mouvement, à le porter, et demain à porter la politique du pays, ce sera le renouvellement ! Ce sera l’alternance profonde ! Ce sera vous ! Et donc oui, ce que nous allons porter pour le pays, c’est l’alternance véritable. Pas celle du tic-tac, celle de l’efficacité qui rassemble la société civile et la société politique, qui rassemble des femmes et des hommes jusque-là divisés. L’alternance de l’efficacité, c’est nous. Nous allons tourner la page, non seulement des cinq dernières années, mais des vingt dernières années, mes amis !

Et ce que nous allons porter ensemble pour le faire, c’est le renouvellement véritable, à tous les niveaux. Le renouvellement des visages, le renouvellement des pratiques, le renouvellement des pensées. Parce que oui, ce divorce entre notre pays et sa classe politique, quelle en est la source ? L’éloignement. La non-ressemblance. Le fait que quelques-uns ont trop gardé le pouvoir et les responsabilités. Et donc oui, je vous le redis ici, dans les prochaines semaines, nous annoncerons des investitures aux élections législative et au moins la moitié des candidats viendront de l’entreprise, de l’association, viendront de la société civile. Ce seront des artistes, des professeurs d’université, des enseignants, des médecins, des retraités, des étudiants, des femmes et des hommes qui ont une légitimité en actes et qui veulent prendre des responsabilités. Ce sera ça !

Ce renouvellement, ce sera aussi celui du pluralisme parce qu’il y aura des femmes et des hommes aujourd’hui élus, responsables politique probes parce que nous défendons la probité, parce que nous aurons des exigences, des exigences que les autres n’ont pas ou toujours pour plus tard. Nous n’aurons pas d’investiture pour qui que ce soit qui a un casier judiciaire ou qui que ce soit qui a eu une peine d’inéligibilité. Mais dans cette majorité large, nous ferons travailler des femmes et des hommes qui jusque-là s’étaient séparés alors que leurs valeurs, leurs objectifs étaient communs. Ce renouvellement, ce sera aussi celui de la parité véritable. Oui, nous en avons besoin. Non pas parce que la loi l’impose, non pas parce qu’on risquerait de payer des pénalités. Parce que la société, elle est paritaire, ne vous en déplaise. Parce que la société française, notre pays, il est fait pour moitié de femmes et pour moitié d’hommes et que la vie politique, cela doit être cela. Parce que c’est alors une autre énergie, un autre regard, parce que c’est une autre façon de faire de la politique, de la civiliser, de la rendre plus vraie, de la transformer en profondeur.

Alors oui, n’en déplaise à certains, nos députés, ce ne seront pas des députés Internet. Parce qu’Internet, ça marche très bien, on peut s’inscrire par Internet, c’est ce qu’on fait toutes celles et ceux qui sont candidats. Nos députés, ce seront des femmes et des hommes qui représentent l’énergie française, cette volonté de transformer le pays et qui porteront le projet. Ce seront des femmes et des hommes - vous qui êtes là, ce soir -, qui ont envie. Ce seront des femmes et des hommes qui mettent leur énergie et leur talent à faire plutôt qu’à durer. C’est ceux-là dont le pays a besoin. Alors oui, il y aura d’autres soutiens, vous le verrez, les médias adorent cela, ils adorent ce qu’ils connaissent parce qu’ils aiment les visages qu’ils ont tant et tant vus, en demandant, de l’autre côté, le changement de ces mêmes visages. Ne tombons pas dans cette schizophrénie. Non, nous allons continuer à refonder la vie politique et demain le pays mais en portant cette énergie et au Parlement comme au gouvernement, j’en fais ici le serment devant vous: ce sera le temps de l’alternance profonde, ce sera le temps du renouvellement véritable.

La deuxième conviction que je voulais partager avec vous ce soir, c’est que ce qui nous fonde, c’est de donner l’espoir, c’est de redonner l’espoir au pays, parce que notre pays, on ne le transformera pas, on ne le refondera pas si nous ne portons pas l’espoir, si nous ne montrons pas comment, en même temps, nous améliorons le quotidien et nous le rendons meilleur. La France, elle n’a pas besoin de quelqu’un qui, dans son bureau, va la redresser. Elle est debout. Nous, nous sommes debout. La France, elle a besoin d’espoir. Et nous redonnerons l’espoir, mes amis.

D’abord par l’école. L’école, c’est là que se construit une société. Ce n’est pas par la prison, ce n’est pas par la haine ! Et moi, j’ai entendu les mamans, les mamans des quartiers qui sont là. J’étais, il y a quelques mois, à la Paillade. Je sais tout le travail que vous avez fait. J’étais à Calais, dans un autre quartier pauvre, touché par le chômage de masse depuis tant et tant d’années. La pauvreté, l’enfermement social, il existe sous toutes ses formes dans notre pays, il existe dans les quartiers, les quartiers nord de Marseille et tant d’autres, où on a concentré les difficultés, où pendant des années, on a expliqué à des familles entières : “vous venez d’où ? Alors allez là-bas”. On a décidé qu’il fallait qu’ils soient assignés à résidence, on a décidé que la République, c’était un mot, mais de moins en moins de droits pour eux. Mais cette réalité, elle est la même dans la ruralité profonde. Elle est la même dans d’autres quartiers de la République qui ne sont pas faits de femmes et d’hommes issus de l’immigration, comme on dit. On divise notre pays sur des absurdités. On était, il y a quelques semaines aussi, dans le bassin minier, puis à Calais. J’ai vu exactement la même chose que dans les quartiers Nord ici ou ailleurs, la même chose. Le problème n’est pas de venir de l’autre côté de la Méditerranée comme certains veulent nous le mettre dans la tête, le problème, c’est qu’on enferme à certains moments une partie de la population parce qu’elle est pauvre, parce qu’on décide qu’elle n’a plus les mêmes droits et qu’on lui dit “reste là”. Alors oui, de la Moselle au Pas-de-Calais en passant par toutes les régions que j’ai traversées ces derniers mois, j’ai vu cela avec vous.

Mais moi, je ne suis pas pour le défaitisme, je ne crois pas aux fatalités. Nous ne nous laisserons pas faire. Alors oui, nous nous en sortirons d’abord par l’école. Dans tous ces quartiers, en CP, en CE1, pour apprendre à lire, écrire et compter, nous ramènerons le nombre d’élèves par classe à 12. Oui, nous remettrons des études dirigées, parce que l’injustice, elle se refait ensuite quand l’école est terminée. Nous remettrons des stages d’été, pour aider les plus jeunes. Nous remettrons plus de temps d’enseignement. Nous donnerons plus d’autonomie pour pouvoir bien enseigner dans ces écoles. Oui, par l’école, dans tous les territoires de la République ! C’est avec la même volonté que partout je veux remettre les classe bi-langues, je veux remettre l’enseignement des humanités. Parce qu’apprendre l’allemand, l’anglais, l’espagnol, apprendre le latin et notre histoire, ce n’est pas un privilège qui doit être réservé à certains. Redonner l’espoir par l’école, c’est recréer la justice pour l’accès aux stages, c’est redonner l’accès à l’université juste, avec la transparence, justement, de ce que les différentes filières universitaires donnent, des résultats. C’est redonner de l’autonomie et des moyens aux universités. C’est cela, ce que nous devons.

Nous redonnerons aussi l’espoir, mes amis, par la culture. Parce que la culture, c’est ce qui nous rassemble, ce qui nous fait peuple. C’est notre langue, d’abord. J’étais, il y a quelques semaines, dans une terre que cruellement, là aussi, le Front National a réussi à conquérir, Villers-Cotteret. Dans cette ville où, au XVIe siècle, François Ier a décidé de faire le pays, de faire la France, notre nation, par la langue. Eh bien oui, la culture, notre culture, c’est ce qui nous tient, c’est ce qui permet à chacune et chacun de sortir de sa condition et d’accéder à un commun, parce que, oui, ce n’est pas ici que je vais vous l’apprendre, nous sommes bien nés sous la même étoile !

Parce que oui, IAM a supporté cette culture française aussi, n’en déplaise à certains qui les mettaient de côté. La culture, c’est la lutte contre cette assignation à résidence aussi. Ce ne serait pas IAM pour les uns et GIONO et PAGNOL pour les autres. Il n’y aurait pas les quartiers de la littérature et les quartiers de la chanson française. Et dans cette ville de culture, du MUCEM à La Criée où, je le sais, un travail formidable est fait, justement, pour ouvrir le théâtre à tous les quartiers, à toutes les diversités d’inspiration. Eh bien oui, je vous le dis, je veux porter ce projet pour la culture, qui permettra à chacune et chacun ce parcours, cette liberté et cet accès à un commun qui nous porte, qui est notre culture, notre langue, notre littérature, notre théâtre, notre danse, notre musique, ce fleuve riche de tous ces affluents qui nous fait.

Et donc, c’est pour cela que j’ai voulu le pass culture pour les jeunes, à 18 ans, c’est pour cela que je veux l’ouverture des bibliothèques le soir, le week-end. C’est pour cela que nous aurons une politique pour la culture ambitieuse, en France et en Europe. Parce que, oui - MONNET l’avait dit, à la fin de sa vie, “ si j’avais dû tout recommencer, je serais reparti de la culture” -, je veux que nous refondions l’Europe dans les prochaines années et nous la refonderons aussi par la culture, en défendant la culture européenne, des grands projets, nos artistes, leurs droits.

L’espoir, mes amis, nous le redonnerons aussi par le sport. Oui, je sais les provocations que vous avez dû subir tout à l’heure, de la part de Christophe CASTANER. Je les réprouve ! Moi, je suis, comme beaucoup, un enfant de la génération du 26 mai 1993. C’est pour cela que, quand je dis que je soutiens l’Olympique de Marseille, on me dit “pourquoi” ? Mais je dis, “parce qu’ils m’ont fait rêver, quand j’étais jeune” ! Parce qu’ils m’ont fait pleurer, parfois. Parce qu’ils m’ont fait rêver, vibrer. Parce que le sport est fédérateur. Brigitte l’a vu encore hier dans les quartiers Nord : parce que le sport aussi, il tue cette assignation à résidence. Parce que tant de jeunes sortent de leurs quartiers grâce au sport. Parce qu’il fait vibrer, parce qu’il permet de réussir. Alors oui, nous développerons cela pour le sport professionnel, pour le sport amateur. Je veux aussi créer ces maisons du sport pour la santé, le bien-être et parce que, pour chacune et chacun, pour les sportifs de haut niveau, il faut qu’il y ait une place dans la société, il faut qu’il y ait un avenir après la carrière. Et il faut qu’il y ait une possibilité de porter ces valeurs fédératrices dont nous avons besoin ! Et je vous le dis, alors que Marseille est cette année capitale européenne du sport, avec fierté.

L’espoir, nous le redonnerons avec le travail, je le dis depuis le premier jour. Notre pays ne s’en sortira que par le travail. Parce que c’est le travail qui donne un avenir ! C’est le travail qui permet de construire sa vie, de choisir sa vie, d’avoir une place dans la société, d’où qu’on vienne. Alors oui, pour cette raison, nous faciliterons la création d’entreprises, nous supprimerons le RSI pour les indépendants, nous baisserons les charges pour les employeurs, nous simplifierons le droit du travail en renvoyant vers l’accord majoritaire d’entreprise et de branche, nous simplifierons l’organisation dans l’entreprise avec une instance de représentation unique, nous simplifierons les seuils, nous simplifierons les Prud’hommes. Nous permettrons, par un plan d’investissement ambitieux, de relancer, à travers plus d’agilité, plus de flexibilité, à travers la négociation au bon niveau, eh bien oui, nous permettrons de créer davantage d’emplois, parce que c’est par le travail que la vie se construit et que la place de chacun se fait !

Oui ! Ça, c’est vrai et c’est une bonne motivation !

L’espoir, nous le redonnerons aussi par le pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat par le travail, en baissant les cotisations salariales, en augmentant les salaires nets. Le pouvoir d’achat pour les classes moyennes, en supprimant la taxe d’habitation pour 80% des Françaises et des Français. Pourquoi ? Je vais vous le dire. Parce que c’est un impôt injuste. Il est injuste socialement, parce vous payez le même si vous gagnez une fois le SMIC ou cinq fois. Et il est injuste parce qu’il est plus élevé dans les petites villes, dans les villes de périphérie et plus allégé dans les métropoles. Alors nos classes moyennes qui ne peuvent plus loger dans les grandes villes, elles doivent faire une heure, deux heures de trajet pour aller travailler et, bien souvent, leur taxe d’habitation est plus élevée que celles et ceux qui ont plus de moyens et peuvent se loger en centre-ville. Alors oui, nous allons faire des économies et une partie de ces économies, nous les mettrons pour supprimer la taxe d’habitation pour 80% d’entre vous. C’est notre choix et il est juste. Et donc oui, ces mesures de pouvoir d’achat, c’est de la justice sociale, c’est en même temps de l’efficacité. C’est, pour un Smicard, un treizième mois qui sera ainsi décidé.

Et enfin, l’espoir, nous le donnerons par l’innovation, par la transformation de notre économie et de notre société, par l’investissement dans l’écologie, dans le numérique, dans ce modèle d’avenir qui est là, devant nous, et que nous devons embrasser. C’est cela, la politique que nous allons conduire.

C’est pour cela que j’ai voulu un plan d’investissement de cinquante milliards d’euros : pour investir dans ces transformations, dans le numérique, de l’État comme de la sphère privée, dans l’environnement et l’écologie. Oui, nous devons investir pour changer notre manière de produire, de consommer. Nous aurons un plan ambitieux pour rénover les bâtiments : rénover les bâtiments publics, permettre aux ménages de rénover leur logement et de supprimer les passoires thermiques. Un plan ambitieux pour que la France soit le leader de cette économie circulaire qui permettra, là aussi, cher François MICHEL, de transformer notre industrie, d’avoir zéro déchet, en créant des emplois.

C’est aussi cette économie de l’innovation qui nous permettra de transformer notre agriculture, notre ruralité, par un plan d’investissement agricole de cinq milliards d’euros, pour permettre de moderniser les exploitations, de les transformer. Les uns pour faire de l’agriculture intensive, les autres du circuit court, d’autres de l’agro-écologie. Pour la moderniser et cesser de stigmatiser nos paysans ou d’avoir uniquement un discours misérabiliste. Ils ont un avenir dans le pays et ils sont aussi notre fierté !

Et l’espoir par l’innovation, c’est aussi ce que nous portons pour la formation de toutes et tous. Nous allons transformer la société en formant, formant les plus jeunes, mais aussi les chômeurs de longue durée, les moins qualifiés, parce que c’est comme cela que nous recréerons vraiment des emplois. Alors oui, nous devons transformer Pôle Emploi, transformer notre formation continue et investir dans la formation. Il n’y aura pas de changement de la société et de l’économie s’il n’y a pas, en même temps, une formation de chacune et chacun. L’ouvrier dont l’industrie est bouleversée par un changement technologique, qui se numérise, il n’est pas fichu ! Il a une place, si on investit aussi sur lui, si on le forme, si on lui apprend à exécuter un métier moins pénible, mais où il aura sa place. Et donc oui, je veux aussi porter cette ambition forte pour la formation professionnelle, pour la formation continue de chacune et chacun. C’est cela, l’espoir que nous portons. N’ayons pas peur du changement ! Décidons-le ! Tous les autres projets, ce sont des projets de la peur du lendemain. Ce sont des projets du repli ! Ce sont des projets qui promettent, ou de ne rien changer, ou qui annoncent les drames. Nous, nous allons faire le changement : le porter, transformer le pays pour réussir dans le changement et donner une place à chacun.

Je ne vous entends pas ! Dites-leur plus fort ! Oui ! Nous allons gagner parce que nous sommes aussi le projet qui protège et qui protège vraiment les Français. C’est cette conviction aussi que je voulais porter avec vous parce que nous sommes le projet ambitieux, en termes de sécurité. Je l’ai dit, il y a plusieurs semaines : le projet qui est le nôtre, c’est de continuer à lutter avec force, de manière irrévocable, contre le terrorisme djihadiste qui s’est développé partout et a tué nos enfants. Je mènerai cette guerre à l’étranger et cette bataille en France, pour vous, mais sans jamais tomber dans le piège qui nous est tendu : celui de la guerre civile, celui de la haine de l’autre, celui de nous diviser. Cela, jamais !

Alors oui, nous investirons dans notre armée, nous serons à la hauteur de ce que nos militaires font pour nous, partout. Applaudissez-les. J’étais, il y a quelques semaines, en Jordanie, à leurs côtés. J’ai vu leur dévouement, j’ai vu leur fierté. J’ai vu ce qu’ils portent de chacune et chacun d’entre nous. Je serai à la hauteur de cela. Je respecterai la condition militaire, je développerai l’équipement de nos armées et l’investissement légitime. Et parce que je crois que notre armée, c’est ce qui aussi reforge ce lien, à un moment donné, avec la nation, je veux créer un service national universel d’un mois, pour tous les jeunes entre 18 et 21 ans. Pourquoi? Pour recréer ce lien, ce creuset entre tous les milieux, pour retrouver la sève de ce qu’est notre République et ses principes, pour comprendre aussi ce qu’est la chose militaire. J’en entends certains qui plaisantent de cela. Ils ont tort. C’est aussi ce qui nous tient : c’est la force des patriotes. C’est cela qui nous vient des soldats de l’an II. C’est cela qui nous porte aussi et c’est cela que nous ferons.

J’entendais, hier à Toulon, des grands spécialistes de la chose militaire expliquer qu’ils avaient des bons projets, qu’eux connaissaient bien la défense. Les militaires se souviennent d’eux. Les militaires n’ont pas oublié le Premier ministre qui a supprimé cinquante-quatre mille emplois, ils n’ont pas oublié le Premier ministre qui a créé la grande réforme de leur fiche de paie, qui a créé tant d’impayés. Ils n’ont pas oublié l’absence de vision, les conflits perdus et les égarements en Libye. Si c’est ça, être un spécialiste de la chose militaire ... pas pour moi !

La sécurité, nous la ferons ici aussi avec de nouveaux moyens, des nouvelles responsabilités pour nos forces de l’ordre, des nouveaux pouvoirs d’amende ou d’éloignement du territoire, et avec une politique claire : la tolérance zéro. Tolérance zéro à l’égard de la délinquance, tolérance zéro à l’égard de toute dérive policière. Je veux, partout, restaurer l’autorité de l’État et l’autorité dans l’État.

Protéger les Français, c’est aussi avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs. C’est pour cela que nous allons transformer en profondeur notre assurance chômage et notre formation professionnelle pour que tout le monde ait le même droit au chômage ; mais en même temps, tout le monde ait les mêmes devoirs d’accepter un emploi décent lorsqu’il vous est proposé, de se reformer lorsqu’il n’en existe pas. C’est aussi pour cela que je veux engager une réforme inédite de notre système de retraite. Un euro cotisé doit donner lieu aux mêmes droits : il faut arrêter les injustices, les trente-sept régimes, les petits privilèges. Et c’est aussi pour cela que nous revaloriserons le minimum vieillesse parce que c’est un élément de justice, parce qu’il est aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, ce qui est inexplicable.

Protéger, c’est soigner. C’est pour cela aussi que je veux une politique de santé ambitieuse en doublant les maisons de santé partout où il manque du soin et de la continuité du soin, dans les départements ruraux, dans les quartiers, là aussi où les difficultés se sont installées. Nous développerons les maisons de suivi médical, les maisons de répit ; tout ce qui aide, là aussi, les familles, les parents, lorsque des enfants sont malades, à vivre différemment la maladie, à pouvoir exister. Nous améliorerons la qualité de l’air, la qualité de l’alimentation, avec une politique ambitieuse de santé publique parce que c’est un droit et un élément de transformation de notre société.

Protéger, c’est aussi désendetter le pays, c’est aussi baisser les dépenses publiques. Le plan que nous portons, c’est un plan de 60 milliards d’économies. Ah je sais ! Certains disent beaucoup plus. Mais enfin, les mêmes détricotent chaque jour lesdites économies lorsqu’ils vont devant des clientèles qui ne sont pas contentes. Je suis allé devant les maires : ils n’étaient pas contents quand je leur ai dit “il va falloir faire 10 milliards d’euros d’effort, sans baisser les dotations mais dans une responsabilité partagée” parce que je ne vais pas aller expliquer à notre pays qu’on peut vivre à crédit, parce que je ne vais pas aller expliquer qu’on va faire des économies encore supplémentaires sur le social ou l’éducation ou d’autres. Nous allons tous faire des efforts. Mais les mêmes qui disent “nous, on va faire 100 milliards, lui n’est pas assez ambitieux”, quand ils vont devant les maires, ils leur disent “je vous avais dit vingt milliards, il y a quelques semaines, on va faire sept et demi, on verra entre nous”. Mais c’est normal, ce sont les mêmes qui avaient dit “la France est en faillite” et qui l’ont rendue plus endettée !

Enfin, mes amis, la conviction que je veux partager avec vous, c’est que nous sommes les patriotes, les vrais patriotes, ici, dans cette salle ! Nous sommes les patriotes, parce que nous, nous n’aimons pas la France du repli, nous sommes la France forte, la France de l’espoir dans l’Europe. Nous voulons une Europe plus forte, transformée, une Europe qui protège, qui protège ses frontières, qui protège son industrie, qui protège le numérique, qui protège les droits d’auteur, qui protège ses agriculteurs, une Europe faite d’une harmonisation fiscale et sociale, une Europe d’un projet ambitieux qui va de l’avant. Oui, moi, je ne veux plus laisser la critique de l’Europe aux anti-Européens. J’aime comme vous l’Europe de manière exigeante. Alors, le projet que nous allons porter, c’est celui d’une transformation de la France pour la rendre plus forte, de faire les réformes qui sont attendues de nous depuis tant et tant d’années, mais de le faire en allant demander à nos partenaires allemands, italiens, espagnols, un nouveau projet, une refondation plus démocratique, plus ambitieuse. Nous avons aujourd’hui une nouvelle page de l’histoire de l’Europe à écrire, sinon, elle s’effondrera. Et c’est cela, ce qu’ensemble nous allons porter !

Mes amis, être patriote, ce n’est pas la gauche qui s’est rétrécie sur ses utopies, être patriote, ce n’est pas la droite qui se perd dans ses avanies et l’esprit de revanche, être patriote, ce n’est pas le Front National, le repli et la haine qui conduira à la guerre civile, être patriote, c’est vouloir une France forte, ouverte dans l’Europe et regardant le monde. Et quand je regarde Marseille, je vois une ville française, façonnée par 2000 ans d’Histoire, d’immigration, d’Europe, du Vieux Port à Saint-Loup en passant par le Panier, je vois les Arméniens, les Comoriens, les Italiens, les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, je vois les Maliens, les Sénégalais, les Ivoiriens. J’en vois des tas d’autres que je n’ai pas cités, mais je vois quoi ? Des Marseillais ! Je vois quoi ? Je vois des Français ! Des Français ! Regardez-les ! Ils sont là et ils sont fiers, fiers d’être français ! C’est ça, regardez-les bien, Mesdames et Messieurs du parti du Front National, c’est ça, être fier d’être français ! Elle est là, l’énergie de la France, ils n’ont rien compris, rien !

Alors nous, nous allons la réveiller. Parce que pourquoi je vous ai tous cités ? Parce que vous regardez la Méditerranée, parce qu’on a parlé de l’Europe tant et tant, mais ce que nous allons faire, dans le quinquennat qui vient, c’est sortir du passé qui ne veut pas passer, c’est sortir des luttes fratricides qui divisent le pays, qui affaiblissent la France, le Maghreb, l’Afrique, c’est sortir de la Françafrique, c’est sortir de tout ce qui nous a tués. Nous allons refonder non pas une nouvelle politique de la Méditerranée simplement, nous allons refonder une route de la liberté et de la responsabilité qui ira de l’autre rive de la Méditerranée et qui traversera toute l’Afrique. Parce qu’aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe? La Méditerranée, elle est devenue le tombeau de la nécessité, elle est devenue notre honte. Elle est devenue une mer de division, de part et d’autre de ses rives. Et pourquoi tant et tant on peur de l’immigration ? Mais parce qu’on ne vit pas bien, en Afrique. C’est par nécessité qu’on quitte ces pays et parce qu’ils n’ont pas compris que notre défi principal, c’était l’intégration, c’étaient les droits et les devoirs. C’étaient les droits et les devoirs de chacun, c’est de construire la liberté dans la République. C’est chacun, quelle que soit son origine, de devoir respecter toutes les règles de la République, absolument. Mais en même temps, quelle que soit son origine, d’avoir les mêmes droits qui sont les même droits de la République, absolument.

Alors oui, mes amis, cette nouvelle politique de la liberté et de la responsabilité, c’est quoi ? C’est cette nouvelle relation que je veux avec l’Afrique, pour la développer. Elle passera par les entrepreneurs, les artistes, les start-up, les femmes, les universitaires, la société civile. Elle réaffirmera le rôle des États, de leur stabilité mais elle permettra l’éveil écologique, énergétique, culturel, économique de l’Afrique. Notre relation, ça ne peut pas être simplement d’être le réceptacle de la nécessité, mais c’est d’aider l’Afrique à réussir et, en même temps, de lui demander la responsabilité d’avoir une vraie politique de responsabilité partagée, d’aider à réussir et en même temps, de reconduire à la frontière celles et ceux qui sont venus et qui n’ont pas de titre de séjour. Il faut sortir de ce cycle de misère, de ce cycle de rejet, de ce cycle de violence. Ce que nous allons refonder, parce que vous en êtes les artisans, c’est cette nouvelle relation, responsable, forte, exigeante, celle d’une réussite partagée pour nous toutes et tous.

Alors, mes amis, où est-elle, l’énergie ? Je ne la sens pas ! Il reste trois semaines ! Où est le camp de l’énergie ? Je le dis, ici, à Marseille, je le dis pour toute la région, je le dis pour tout l’Hexagone, tous nos territoire d’Outre-mer à qui je pense aussi, ce soir, avec vous, toutes ces terres de réussite et d’espoir: nous portons l’espoir, le renouvellement, l’alternance, nous sommes les patriotes et il nous reste trois semaines. Alors oui, vous avez ouvert une voie, j’en suis le garant. Ni les soutiens inattendus, ni les haines, ni les attaques ne nous détourneront un instant, nous irons au bout avec l’énergie, la force de l’optimisme, l’exigence partagée parce que nous aimons notre pays, nous aimons l’Europe, parce que nous sommes des ambitieux.

Alors mes amis, c’est depuis Marseille que je voulais lancer la dernière phase de notre campagne. Trois semaines de mobilisation acharnée, trois semaines d’optimisme, d’espoir, d’envie, d’énergie, trois semaines pendant lesquelles, partout, vous allez expliquer que c’est cela, être fier d’être français, trois semaines durant lesquelles j’attends tout de vous, parce que rien n’est gagné mais trois semaines qui sont à nous, pour transformer le pays, pour tout changer, tout renouveler, parce que nous l’aimons, parce que nous voulons, trois semaines parce que nous avons, maintenant, et plus après, maintenant, le pouvoir de changer notre pays. C’est vous !

Vive la République, vive la France.

Allez-y ! Merci à vous !

(Marseillaise)

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